STX France: les syndicats partagés sur la nationalisation temporaire

SAINT-NAZAIRE, 27 juillet 2017 (AFP) – Une décision « satisfaisante » et « rassurante » pour les uns, qui ne « résout rien » pour les autres: les syndicats du chantier naval STX France de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) étaient partagés jeudi après l’annonce par le gouvernement de sa nationalisation temporaire.

« C’est une bonne nouvelle, c’est forcément satisfaisant, même si c’est temporaire, transitoire », a réagi Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée Force ouvrière (FO) Le syndicat milite depuis longtemps pour une nationalisation du chantier naval.

L’Etat est « le seul véritable actionnaire qui se soit engagé ces dernières années pour sauvegarder ce site, même s’il était minoritaire, en faisant pression sur les banques pour les commandes », a-t-elle dit. Le gouvernement « dispose maintenant de beaucoup plus de temps (…) pour continuer à négocier », ajoute-t-elle.

« Le gouvernement ne lâche pas les négociations en cours (avec Fincantieri), c’est ça qui me rassure », a déclaré Christophe Morel, délégué CFDT. Depuis la première mise en vente de STX France par sa maison-mère sud-coréenne, en 2014, rappelle-t-il, « un seul industriel s’est montré intéressé, Fincantieri ».

« On est reparti pour un tour », a déclaré de son côté François Janvier, représentant CFE-CGC. L’annonce de la prise de contrôle temporaire par l’Etat du chantier naval « apporte sur le court terme une période de stabilité indispensable pour l’activité, mais ne résout rien sur le fond », dit M. Janvier. Ce dernier trouvait « plutôt satisfaisant » l’accord initial trouvé avec le constructeur italien Fincantieri.

« L’Etat ne va pas rester actionnaire pendant 20 ans et pour l’instant, il ne propose pas d’actionnaire industriel de référence et ça nous gêne », a-t-il dit.

« C’est un nouveau rebondissement dans la saga de la vente des chantiers », a commenté Alain Lebrun, délégué CGT, premier syndicat de STX France. Il se déclare « pas plus rassuré » par la préemption que par la répartition de l’actionnariat initialement proposée.

« La seule chose qu’on regardera, c’est quel actionnaire donne des garanties sociales aux salariés. La CGT sera vigilante là-dessus », a-t-il ajouté.

Dernier grand chantier naval français, STX France emploie 2.600 salariés. Il fait travailler environ 5.000 employés d’entreprises sous-traitantes.

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