Succession de Gattaz: Berger (CFDT) se demande si le Medef n’aurait pas « besoin d’un coup de main »

PARIS, 10 janvier 2018 (AFP) – Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, s’est demandé mercredi si le Medef n’aurait pas besoin d’un « coup de main » pour assurer la succession de Pierre Gattaz qui s’avère laborieuse, dans un entretien aux journaux du groupe Ebra.

« Au Medef, cela fait deux fois que des gens qui nous expliquent tout connaître de l’entreprise et du management se prennent les pieds dans le tapis au moment de choisir leur président… », ironise-il, interrogé sur la succession de M. Gattaz qui doit intervenir en juillet 2018.

« Ils ont peut-être besoin d’un coup de main. On ne leur donnera pas pour le Medef, mais dans les entreprises, nous sommes légitimes à le faire », a souligné M. Berger, favorable à la « codétermination » impliquant davantage les représentants syndicaux dans la gouvernance des entreprises.

« Je constate qu’hier à la CFDT, et maintenant à Force ouvrière, la transition se fait dans la clarté », a-t-il insisté. La succession de Jean-Claude Mailly à la tête de FO est prévue en avril et son dauphin Pascal Pavageau est seul candidat à sa succession.

« Nous n’avons besoin d’aucun coup de main », a répondu sur Tweeter l’organisation patronale. « Nos présidents sont élus. Pour un unique mandat de 5 ans non renouvelable et non rémunéré. On ne parle pas de succession », a ajouté le Medef.

La première organisation patronale a refusé en décembre de modifier les règles régissant l’élection de son président, écartant de facto une candidature du patron de Michelin, Jean-Dominique Senard, favori pour succéder à Pierre Gattaz.

M. Berger qualifie le patron de Michelin de « quelqu’un de bien ». « La CFDT côtoie Jean-Dominique Senard chez Michelin : tout n’est pas merveilleux, mais il a une vraie politique du dialogue social et il accepte d’écouter les autres », souligne-t-il dans cet entretien.

M. Senard s’est récemment vu confier par le ministère du Travail une mission sur la vision de l’entreprise, aux côtés de l’ancienne dirigeante de la CDFT Nicole Notat.

dec-shu/cel/nth