Suicide à l’hôpital: mise en cause par un syndicat, l’AP-HP se défend

PARIS, 6 mars 2018 (AFP) – Un technicienne de laboratoire s’est suicidée la semaine dernière à l’Hôtel Dieu, a annoncé mardi le syndicat SUD, jugeant la direction « responsable », ce dont l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) s’est défendue en disant avoir tenté « plusieurs actions » pour prévenir ce drame.

Cette femme s’est donné la mort vendredi dans les locaux du service central de la médecine du travail de l’AP-HP, situé à l’Hôtel Dieu, au coeur de la capitale. Trois jours plus tôt, elle avait prévenu de son passage à l’acte dans un courriel évoquant un « événement tragique ».

Passée par plusieurs établissements de l’AP-HP depuis 2007, elle avait déjà essayé de se suicider en 2016 à l’hôpital Bicêtre (Val-de-Marne), après avoir appris que son contrat ne serait pas renouvelé.

Finalement admise en tant que stagiaire – en vue d’une titularisation – en mars 2017, elle était en arrêt maladie depuis juillet.

SUD considère que la direction « n’a pas pris la mesure de la gravité de la situation » et dénonce dans un communiqué « le manque de suivi médical et de protection de cet agent ».

L’AP-HP assure au contraire que l’alerte reçue « a été prise très au sérieux » et que « plusieurs actions ont été entreprises » afin de prendre contact avec la salariée et de fixer un rendez-vous avec une psychologue « pour organiser sa prise en charge ».

« L’agent s’est rendue à ce rendez-vous (…) avec une amie. C’est à ce moment que le drame s’est produit », précise la direction dans un communiqué, indiquant qu’un CHSCT extraordinaire se réunirait jeudi « pour (en) analyser les causes en toute transparence ».

Pour SUD, il s’agit du « résultat d’une politique managériale assumée et, en cela, la direction est responsable ». Le syndicat a recensé au moins 9 suicides en 2017 chez les agents de l’AP-HP, et 5 depuis le début de l’année, selon sa co-secrétaire générale Cathy Le Gac.

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