Suicide d’une directrice d’école à Pantin: un syndicat s’offusque d’une retenue sur les salaires des profs

PARIS, 3 février 2020 (AFP) – Le premier syndicat du primaire, le Snuipp-FSU, a demandé lundi « solennellement » au ministre de l’Education de renoncer à la retenue sur salaires prélevée aux enseignants qui s’étaient mis en grève le jour des obsèques de leur collègue Christine Renon en octobre dernier.

Lundi 23 septembre au petit matin, la gardienne de l’école maternelle Méhul à Pantin (Seine-Saint-Denis) découvrait le corps de Christine Renon, 58 ans, dans le hall de l’établissement. Deux jours plus tôt, juste avant de se donner la mort, la directrice décrite comme « hyper investie » avait pris le soin d’adresser à une trentaine de ses collègues une lettre de trois pages où elle détaillait « son épuisement », la solitude des directeurs, l’accumulation de tâches « chronophages »…

Le 3 octobre dernier, « à l’occasion de l’enterrement de Christine Renon (…), et afin d’exprimer leur émotion et leur colère, les enseignant-es de Seine-Saint-Denis, rejoints par des enseignant-es d’autres départements, se sont mis massivement en grève », rappelle le Snuipp-FSU dans un courrier adressé lundi au ministre Jean-Michel Blanquer.

Le syndicat a demandé « officiellement que la journée du 3 octobre ne soit pas prélevée pour les collègues qui se sont mis en grève pour montrer leur soutien et leur indignation car personne ne doit mourir de son travail », souligne-t-il.

« Alors que vous vous étiez engagés à recevoir des représentants du Snuipp-FSU de Seine-St-Denis, nous avons appris qu’une journée de salaire a été prélevée aux collègues qui ont souhaité rendre un dernier hommage à Christine Renon », poursuit le Snuipp-FSU.

« Comment croire que l’amélioration des conditions de travail soit une préoccupation de votre ministère, quand le premier signe donné n’est pas celui de l’apaisement? », s’interroge le syndicat, demandant « solennellement de revenir sur cette décision et de renoncer au prélèvement du jour de grève hautement symbolique effectuée par les collègues de son département comme ailleurs dans le pays ».

Ce suicide avait suscité une vive émotion au sein de la communauté éducative, en Seine-Saint-Denis et au-delà. Le ministère a ensuite lancé une consultation auprès des directeurs d’école, qui ont notamment exprimé un besoin d’accompagnement humain.

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