Suppressions d’emplois à GE Alstom: des mesures d’accompagnement « en dessous de tout » , selon les syndicats

PARIS, 10 mars 2016 (AFP) – General Electric (GE), qui a racheté le pôle énergie d’Alstom et annoncé en janvier des suppressions d’emplois, propose des mesures d’accompagnement « en dessous de tout », ont dénoncé jeudi les syndicats après un comité central d’entreprise (CCE) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) perturbé par une manifestation de salariés.

Environ 80 d’entre eux, selon une source policière, ont manifesté en milieu de journée à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFE-CGC et CFDT devant le siège à la Défense où se tenait le CCE. Certains ont pénétré dans les locaux pour perturber son déroulement mais sans créer d’incidents, selon la même source.

Les salariés, dont « le désarroi est grandissant », « ont envahi la salle au début de la séance » consacrée au processus d’information-consultation prévu dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), a précisé de son côté la CGT.

Le conglomérat américain a annoncé le 13 janvier qu’il allait, dans les deux ans, supprimer 6.500 emplois sur 35.000 en Europe, dont 765 en France, dans ses activités énergie.

L’intersyndicale dénonce dans un communiqué des propositions de la direction « en dessous de tout ce que l’on pouvait espérer » et souligne son « peu de volonté d’avoir un nombre suffisant de volontaires au départ (retraite, poste externe, reclassements) », ce qui aboutirait à « des licenciements contraints malgré ses engagements ».

Les mesures d’accompagnement proposées sont « a minima », a déclaré à l’AFP Laurent Santoire (CGT), qui a aussi protesté contre « l’absence de stratégie » de GE ou la « suppression de postes en recherche et développement contrairement aux engagements » de l’accord qui lie GE à l’État français et qui prévoit notamment la création de 1.000 emplois nets en France en trois ans.

« On a la confirmation que GE n’a pas la volonté de faire prospérer les activités » rachetées à Alstom, a-t-il ajouté.

Pour Patrice Pujol (CFDT), il n’y a « aucune adéquation entre les plans de charge et les suppressions de postes ». « On supprime des activités entières en région parisienne qui sont nécessaires à la réalisation des projets », a-t-il ajouté, en citant par exemple l’activité d’Alstom Boiler à Massy (Essonne).

Les salariés français ont manifesté à plusieurs reprises depuis l’annonce des suppressions de postes. Une manifestation des salariés européens est prévue le 8 avril à Paris.

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