Syndicats et patronat débattent des formations finançables par le CPF

PARIS, 8 décembre 2017 (AFP) – Quelles formations pourront être financées via le compte personnel de formation (CPF) demain? Cette question a alimenté vendredi les débats entre partenaires sociaux, contraints par le gouvernement d’en finir avec un système de listes jugé trop complexe.

Syndicats et patronat ont participé à une deuxième séance de négociation au Medef sur la réforme de la formation professionnelle, que le gouvernement veut faire adopter d’ici la fin de l’été.

Aujourd’hui, le CPF ne permet de financer que des formations recensées sur des listes alimentées par les partenaires sociaux, qui peuvent être nationales, régionales ou sectorielles. Le gouvernement souhaite que les partenaires sociaux en finissent avec ce système « peu transparent », qui « restreint les possibilités d’accès à la formation » et « ajoute un niveau de complexité supplémentaire à un ensemble déjà peu lisible ».

Parmi les syndicats, seule la CGT réclame aussi la « disparition des listes ». Elle souhaite que tous les salariés puissent avoir accès, via le CPF, aux mêmes formations, celles répertoriées par la commission nationale des certifications professionnelles (CNCP).

Les autres syndicats prennent acte de la volonté du gouvernement, avec des réserves.

En l’absence de listes, « comment régule-t-on l’usage du CPF? Il n’y a pas assez d’argent pour que ce soit +open bar+ », a estimé Eric Freyburger de la CFE-CGC, syndicat qui était pourtant contre le système de listes à sa création.

Même tonalité à FO: « Les listes ont été créées pour réguler l’utilisation du CPF qui est sous-financé, donc si on supprime les listes, il faut trouver un autre système de régulation », a prévenu Michel Beaugas.

De son côté, Thierry Cadart (CFDT), « pas totalement attaché aux listes sur la forme », tient à leur philosophie, c’est-à-dire au fait que le CPF finance obligatoirement des formations certifiantes.

Le contrôle de la qualité des formations et les outils de prospective des futurs besoins en compétences ont aussi été abordés vendredi. Sur les deux sujets, l’idée d’un pilotage national fait consensus chez les partenaires sociaux, mais les opinions divergent sur la nature de la structure qui pourrait s’en charger.

Pour la qualité des formations, l’idée, avancée par le Medef, d’une agence indépendante a laissé « sceptique » la CFDT. « Pas mal d’outils existent, pourquoi mettre en place une agence supplémentaire? » s’est interrogé M. Cadart.

« Il y a déjà pléthore d’organisations, on peut les réformer, mais il faut partir de ce qui existe », a abondé Catherine Perret (CGT).

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