Tati: Foir’Fouille et trois enseignes discount veulent reprendre 1.051 salariés

PARIS, 5 mai 2017 (AFP) – Foir’Fouille, Stockomani, Centrakor et Maxi Bazar, spécialistes de la distribution à bas prix, ont proposé de reprendre 88 des 145 magasins d’Agora Distribution, maison mère de Tati, et 1.051 de ses 1.720 salariés, a indiqué vendredi un porte-parole de ces enseignes à l’AFP, confirmant des informations du Monde.

Agora Distribution, filiale du groupe Eram qui exploite les enseignes Tati, mais également Fabio Lucci, Gigastore et Degrif’Mania, a été placé en redressement judiciaire jeudi, dans l’optique d’une probable cession.

Sept offres de reprise ont été, à l’origine, proposées. Elles devraient être examinées par le tribunal de commerce de Bobigny le 29 mai prochain. À ce jour, seul le projet de reprise du fondateur de Gifi avait été dévoilé.

Les noms de Foir’Fouille, Stockomani et Centrakor avaient également circulé, sans confirmation officielle.

Ces trois enseignes à bas prix, « ainsi que Maxi Bazar, ont bien fait une offre de reprise pour Agora Distribution », a indiqué vendredi un porte-parole.

Dans leur offre, les quatre groupes proposent de reprendre 88 des 145 magasins d’Agora et 1.051 des 1.720 salariés. Des propositions de reclassement seront également faites à 106 salariés rattachés aux points de vente non repris.

Les quatre enseignes prévoient aussi « d’injecter plus de 60 millions d’euros » pour moderniser les magasins repris.

Parmi ceux-ci figurera notamment le point de vente historique de Tati, situé boulevard Barbès à Paris, qui réalise chaque année environ 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie plus de 200 personnes.

– La marque Tati en danger? –

Le devenir de la marque Tati reste assez incertain, car, selon les informations du Monde, seuls deux magasins resteraient sous l’enseigne au vichy rose. Interrogé par l’AFP, le porte-parole du consortium n’a pas souhaité faire de commentaire sur ce sujet.

Tati compte actuellement 115 magasins et emploie 1.314 salariés.

Le fondateur de Gifi, Philippe Ginestet, veut quant à lui continuer d’exploiter sous la marque Tati les magasins qu’il reprendrait et propose un plan de redressement de l’enseigne.

Fin avril, il a offert de reprendre 100 magasins -dont le magasin Tati de Barbès – dans lesquels il injecterait 80 millions d’euros, et 1.200 salariés d’Agora Distribution. A cela s’ajouterait la reprise des 250 franchisés et affiliés du groupe, dont les magasins Tati dans les DOM TOM.

L’offre comprenait toutefois au départ plusieurs conditions suspensives, portant notamment sur la reprise des stocks et des baux commerciaux. « Mais celles-ci ont maintenant toutes été levées », a déclaré à l’AFP l’avocat de M. Ginestet, Guilhem Bremond.

Une source proche du dossier a par ailleurs indiqué que la proposition de reprise du fondateur de Gifi avait été « améliorée depuis celle faite en avril », sans donner plus de détails.

Face à ces deux offres, Babou, enseigne également spécialisée dans les produits à petits prix, offre de reprendre six magasins.

Une autre proposition du fonds d’investissement allemand Mutares ambitionnait, elle, de reprendre la totalité des 145 magasins « sous réserve qu’Eram lui verse plusieurs dizaines de millions d’euros », mais cette offre a été écartée d’emblée par la direction d’Agora, indique Le Monde, citant un proche du dossier.

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