Tavares: les salariés de PSA méritent eux aussi une récompense (syndicats)

PARIS, 29 mars 2016 (AFP) – Des syndicats de PSA Peugeot-Citroën jugent « exorbitante » voire « inacceptable » la rémunération du patron Carlos Tavares, qui a gagné « 14.500 euros par jour » en 2015 selon la CGT, et réclament que les salariés soient davantage associés aux résultats du groupe.

Interrogé par l’AFP mardi, Jean-Pierre Mercier (CGT) s’est dit « révolté et écoeuré » que M. Tavares ait « osé doubler sa rémunération » en 2015, ce qui lui a permis de toucher « 14.500 euros par jour, samedi et dimanche compris, alors que les salariés, eux, ont obtenu une augmentation générale des salaires de 8 euros nets par mois » pour 2016.

« C’est le même PDG qui nous tient le même discours depuis des années, à savoir qu’il va falloir encore se serrer la ceinture, encore bloquer nos salaires, encore supprimer des emplois, des primes », ajoute-t-il.

La somme de 5,24 millions d’euros touchée en 2015 par le président du directoire de PSA est « exorbitante et peu entendable pour les salariés », réagit Franck Don (CFTC). Même si, selon lui, le patron d’un grand groupe industriel doit pouvoir être récompensé quand il participe à son redressement, sinon « il ira dans une autre entreprise ».

« Pour autant, il est inadmissible qu’il n’y ait pas des garde-fous pour réduire les écarts entre les plus bas et les plus hauts salaires », fait-il valoir.

La rémunération de M. Tavares comprend 1,93 million d’euros de part variable et 1,3 million d’euros de part fixe. A cela s’ajoutent 130.000 actions « de performance », valorisées 2 millions d’euros.

Si l’augmentation de la part variable est « explicable » en raison des « bons résultats » de PSA, la partie liée à l’attribution d’actions pose davantage question, selon Jacques Mazzolini (CFE-CGC).

« Que M. Tavares ait cette possibilité-là, OK, mais les salariés ne doivent pas en être exclus », résume-t-il auprès de l’AFP, en appelant lui aussi à « rétablir l’équilibre » en interne via « l’actionnariat salarié ».

Selon la CGT, la direction ouvrira par ailleurs des négociations « fin avril pour un deuxième accord de compétitivité », après celui de 2013 qui avait conduit à de nombreux sacrifices de la part des employés.

« Ils vont vouloir encore raboter nos primes, nos salaires et nos droits, c’est inacceptable », anticipe Jean-Pierre Mercier.

La CFE-CGC s’attend de son côté à ce que les négociations démarrent « fin avril, début mai », mais elle ignore tout du futur accord proposé par la direction.

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