Télétravail: le ministère prépare un guide des bonnes pratiques

PARIS, 6 mai 2020 (AFP) – Le ministère du Travail devrait publier un guide des bonnes pratiques sur le télétravail à la fin de cette semaine, a-t-il indiqué mercredi à l’AFP, confirmant une information de syndicats, qui préféreraient garder la main sur ce sujet et négocier un accord interprofessionnel.

« La ministre du Travail se propose de faire un guide pratique sur le télétravail, s’appuyant sur les textes existants, notamment les dispositions de l’accord de 2005 », a affirmé à l’AFP Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière.

Lors d’une visio-conférence mardi avec les partenaires sociaux, Muriel Pénicaud « a dit que si on négociait, ça risquait d’être un peu long » et que pour cette raison, le ministère allait faire ce guide « à destination des entreprises pour qu’elles puissent améliorer leurs dispositifs », a de son côté souligné François Hommeril, président de la CFE-CGC.

Interrogé par l’AFP à ce sujet, le ministère a confirmé la préparation d’un guide, précisant qu’il serait publié « normalement en fin de cette semaine ». Il a par la suite précisé que ce guide « serait soumis aux partenaires sociaux pour avis comme tous les guides faits jusqu’à présent ».

Mais les syndicats se sont montrés sceptiques mercredi.

« Ce serait mieux qu’entre partenaires sociaux nous donnions des éléments qui puissent être complétés par le ministère, plutôt que de faire l’inverse », a proposé Catherine Pinchaut (CFDT), pointant le « protocole de confinement » publié dimanche par le ministère, « extrêmement technique et qui ne fait pas de place au dialogue social ».

« Je ne voudrais pas que ce soient les pouvoirs publics qui décrètent et décident en lieu et place de la négociation », a relevé Yves Veyrier.

– négociation en mai ? –

« On ne peut pas s’en sortir avec une brochure. Il faut une négociation interprofessionelle », a plaidé François Hommeril.

Plus généralement, il considère que « quand la ministre du Travail parle de télétravail, elle fait un abus de langage »: « Ce qui se passe actuellement, c’est une continuation du travail dans des conditions extraordinairement dégradées ». Ses pairs vont dans le même sens depuis une dizaine de jours.

Lui appelle à ce que les négociations sur le télétravail « soient circonscrites à la période dégradée actuelle » et que l’accord porte sur une période de quelques mois. Optimiste, le président du syndicat des cadres estime que syndicats et patronat sont « capables de sortir quelque chose en trois réunions ».

Il reconnait toutefois que le patronat n’est pas « très motivé ». « Leur préoccupation c’est la trésorerie et on peut le comprendre. Mais sur la négociation télétravail, il n’y a pas d’enjeux financiers — sujet sur lequel échouent souvent les négociations interprofessionnnelles. Si on ne fait pas gaffe, on va ramasser des milliers de salariés à la petite cuillère ».

De son côté, Yves Veyrier est partant pour une négociation plus générale, « qui puisse traiter à la fois la situation immédiate tout en ouvrant les pistes d’un cadrage à plus long terme du télétravail ».

Dans tous les cas, la négociation devrait être lancée en mai, espèrent les syndicats.

Lundi, la ministre du Travail avait indiqué que 5 millions de personnes étaient en télétravail actuellement, et prévenu que « si le résultat de la négociation arrive en septembre-octobre, c’est intéressant pour le futur mais ce ne sera pas opérationnel pour la phase qui vient ».

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