Temps de travail et type d’emploi, principaux facteurs des écarts de salaire femmes-hommes (Insee)

PARIS, 18 juin 2020 (AFP) – Le temps de travail, globalement inférieur pour les femmes, l’accès prépondérant à des secteurs ou emplois dits « féminisés », et la faible présence de femmes aux postes à hauts revenus expliquent la persistance des inégalités de salaires, selon une étude de l’Insee publiée jeudi.

En 2017 en France, les salariées du secteur privé percevaient en moyenne un revenu inférieur de 28,5% à celui des hommes, une proportion qui était de 42% en 1967 et 35% en 2002, révèle cette publication.

Cet écart s’explique en grande partie par le fait que les femmes sont moins souvent en emploi et travaillent davantage à temps partiel (30% contre 8% des hommes), selon l’Insee.

Les plus jeunes, les mères de jeunes enfants et les moins diplômées sont les plus concernées par ces inégalités.

En équivalent temps plein (ETP), c’est-à-dire pour un même volume de travail, l’écart salarial entre femmes et hommes se réduit à 16,8%. Les femmes ayant plus de deux enfants, celles les plus diplômées et celles avec le plus d’expérience professionnelle étant là les plus pénalisées.

Dans la fonction publique, l’écart en ETP est moins élevé : 12,4% en 2017. Toutefois, il se réduit moins vite, avec une baisse de seulement 1,3 point entre 1995 et 2017 contre 4,7 points dans le privé pour la même période, souligne l’Insee.

Faibles au début de la vie active, les inégalités salariales dans le secteur privé s’accroissent tout au long de la carrière. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : d’une part, les secteurs d’emplois majoritairement occupés par les femmes et les hommes, d’autre part, l’accès très inégal aux emplois les mieux rémunérés selon le sexe.

Ainsi, les femmes occupent des emplois moins variés que les hommes : 40% des salariées exercent l’une des vingt professions les plus courantes pour les femmes (secrétaires, employées des services comptables, aides à domicile, caissières, etc.), contre 29% chez les hommes (conducteurs routiers, ingénieurs en informatique, livreurs-coursiers, maçons, etc.).

En outre, elles accèdent moins facilement aux postes à responsabilité, particulièrement les salariées ayant des enfants, si bien que les écarts de salaire entre les pères et les mères sont nettement plus importants qu’entre les femmes et les hommes sans enfant, montre l’Insee.

Si l’écart de salaire est de 28,5% en moyenne, il est à noter qu’à poste et volume horaire égaux, il se réduit à 5,3% dans le secteur privé en 2017.

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