« Territoires zéro chômeur de longue durée »: démarrage de l’expérimentation en janvier

PARIS, 5 décembre 2016 (AFP) – Les dix territoires retenus pour l’expérimentation « zéro chômeur de longue durée » sont prêts à démarrer le dispositif, et les premiers contrats en CDI devraient être signés en janvier, a annoncé lundi le fonds d’expérimentation chargé d’amorcer le projet.

Ce fonds, présidé par Louis Gallois et doté de 14 millions d’euros, va signer « dans les jours qui viennent » des conventions avec chacun de ces territoires afin qu’ils puissent bénéficier des financements, ouvrir des « entreprises à but d’emploi (EBE) » et commencer à recruter, a expliqué lors d’une conférence de presse son directeur, Patrick Valentin.

Les premiers contrats, tous en CDI de droit commun et payés au moins au Smic, devraient être signés avec ces EBE courant janvier, a-t-il précisé.

Dix territoires ont été retenus fin novembre par le gouvernement pour mener une expérimentation pendant cinq ans, qui prévoit d’embaucher localement des personnes sans emploi depuis plus d’un an, sur des activités « utiles ». Ces emplois « manquants » seront financés en partie par la réaffectation des coûts liés à la privation durable d’emploi (RSA, CMU, etc…).

Les territoires ruraux et urbains comptent entre 5.000 et 10.000 habitants: Colombelles (Calvados), Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle), Jouques (Bouches-du-Rhône), Mauléon (Deux-Sèvres), la Métropole de Lille, le communauté de communes Nièvre et Forêt (Nièvre), le XIIIe arrondissement de Paris, Pipriac (Ille-et-Vilaine), Thiers (Puy-de-Dôme) et Villeurbanne quartier Saint-Jean (Rhône).

Dans ces territoires, certaines activités ont déjà été identifiées, pour une capacité totale d’environ 2.000 personnes. Les emplois, à « temps choisis », seront crées en fonction des envies et capacités de ces chômeurs: travaux d’entretien dans les immeubles, soutien scolaire, services de proximité divers (portage de courses, médiation), travaux de débroussaillage, commerces ambulants, revalorisation de sites touristiques…

Ils ne devront « ni faire de la concurrence, ni créer un effet d’aubaine, mais se glisser dans des niches afin de se placer dans le tissu économique sans le dégrader », a détaillé M. Valentin. Le comité de pilotage du projet à Thiers a par exemple identifié une filière de valorisation du petit bois non exploitée et qui pourrait devenir rentable.

Les 14 millions d’euros dont dispose le fonds « évolueront au fil des années », avec possibilité de financements et recettes complémentaires, selon M. Valentin: « pendant cinq ans, nous allons calculer combien coûte l’expérimentation et combien ça rapporte à la collectivité ».

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