Textile: des salariés de Mim devant le tribunal qui doit statuer sur leur sort

BOBIGNY, 21 mars 2017 (AFP) – Une cinquantaine de salariés de l’enseigne de textile Mim se sont rassemblés mardi devant le tribunal de commerce de Bobigny pour dire « non à la liquidation » avant l’examen des offres définitives de reprise de leur entreprise qui emploie 1.500 personnes.

L’une d’elle, présentée par Clementy, un groupe familial spécialisé dans le redressement d’entreprises en difficulté, a clairement la faveur des salariés. Son plan de sauvegarde, qui garantit le maintien de la quasi-totalité des emplois en CDI (1.000 sur 1.065) et des boutiques (230 sur 250), a reçu lundi le feu vert du comité d’entreprise, a indiqué à l’AFP Michaël Gharbi, délégué syndical Seci-UNSA (40% des voix).

La stratégie du candidat à la reprise, qui veut recentrer la chaîne de distribution sur les « basiques », est jugée également pertinente par les salariés: « le fashion, on sait pas faire alors que nos plus belles années, c’était quand on vendait 70% de basiques », a-t-il ajouté.

« Non à la liquidation », « sauvez Mim » mais aussi « non aux frères Cohen »: si les salariés ont clairement rejeté les trois offres de reprise partielle qui se traduiraient selon eux par un plan social massif et aboutirait de facto à son démantèlement, ils ont également exprimé leur opposition au plan de sauvegarde présenté par Nicolas Cohen.

Devenu à la faveur du rachat de Mim en 2014 par le géant du textile chinois Main Asia l’un des fournisseurs exclusifs de l’entreprise, ce dernier est jugé « responsable de la situation car il pratiquait des marges deux fois plus élevées », a affirmé l’avocate des salariés, Justine Candat, du cabinet LBBA. En outre, il est membre de la direction, ce qui le place dans une situation de « conflit d’intérêts », a ajouté l’avocate. « Si nous sommes en perte, c’est que les marges repartaient en Chine », estime également M. Gharbi.

Souffrant de difficultés dans un contexte de consommation textile morose, Mim avait obtenu fin novembre son placement en redressement judiciaire. Fondée en 1976, l’enseigne de mode à petit prix cumule une dette de 60 millions d’euros.

Au cours de l’exercice 2015-2016, elle a accusé une perte de 9 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros.

La décision du tribunal est attendue lundi.

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