Tiers payant: la ministre de la Santé infléchit sa position en souhaitant sa généralisation

PARIS, 11 juillet 2017 (AFP) – La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a assuré mardi que le tiers payant (dispense d’avance de frais) chez le médecin « sera généralisé », une semaine après avoir annoncé qu’elle souhaitait « éviter son obligation ».

« Il sera généralisé, c’est vraiment une question d’équité et d’accès aux soins puisque beaucoup de Français renoncent à aller se faire soigner parce qu’ils ne veulent pas avancer l’argent chez un médecin, c’est donc impératif d’aller vers un tiers payant généralisé », a déclaré sur France Inter la ministre de la Santé.

Dans une interview mercredi dernier, Mme Buzyn avait indiqué avoir confié une mission à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur « la faisabilité technique » du dispositif expliquant que son objectif était « d’éviter l’obligation de tiers payant généralisé ».

« J’ai horreur des obligations », avait dit la ministre qui confirmait l’engagement pris par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle de rendre le dispositif « généralisable », c’est-à-dire facultatif, et non « généralisé ».

La dispense d’avance de frais, fortement combattue par les médecins libéraux, doit devenir un droit pour tous les Français à partir du 1er décembre. Toutefois, la loi de 2016 ne prévoit pas de sanctions pour les médecins refusant d’appliquer la mesure, que le Conseil constitutionnel a limitée à la seule part remboursée par la Sécurité sociale.

« Aujourd’hui nous regardons la mise en oeuvre de ce tiers payant qui pose des problèmes techniques et nous souhaitons que des médecins trouvent une facilité dans ce tiers payant, pas une difficulté supplémentaire, nous avons besoin de leur donner du temps médical, plutôt que du temps administratif », a ajouté mardi matin la ministre.

« Oui nous allons y aller, la question est de savoir avec quelle méthode pour que cela fonctionne pour tout le monde », a-t-elle poursuivi.

Interrogée sur le respect du calendrier, elle a précisé « attendre » le rapport de l’Igas en septembre « pour décider ».

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