Tiers payant: les mutuelles invitent les médécins à sortir de « positions dogmatiques »

PARIS, 22 janvier 2016 (AFP) – La Mutualité française souligne vendredi « la nouvelle responsabilité importante » des médecins, après la censure partielle du tiers payant généralisé par le Conseil constitutionnel, les invitant à sortir de « positions dogmatiques ».

« Un tiers payant partiel n’a pas beaucoup d’utilité pour les patients », a réagi auprès de l’AFP Etienne Caniard, président de la Mutualité française après la décision des Sages d’invalider l’extension obligatoire du tiers payant aux organismes complémentaires.

Avec cette décision, les médecins farouchement opposés au tiers payant généralisé, n’ont plus l’obligation de dispenser d’avance de frais les patients pour la partie de leurs honoraires pris en charge par les mutuelles comme le prévoyait, d’ici 2017, la loi Santé.

« Les médecins ont une nouvelle responsabilité importante. Dès lors qu’on va mettre à leur disposition des outils qui répondent à leur souci de simplification (…), ils doivent sortir de positions dogmatiques », a déclaré le représentant de la Mutualité Française qui fédère la quasi-totalité des mutuelles.

 » Il faut que chacun joue le jeu. La position dogmatique de certains syndicats de médecins ne doit pas mettre en péril le tiers payant », a-t-il insisté.

M. Caniard a assuré que les mutuelles « seront au rendez-vous pour 2017 » et proposeront « des solutions qui correspondent au cahier des charges des médecins ».

« Nous nous sommes engagés à leur assurer une garantie de paiement dans un délai identique à celui de l’Assurance maladie et à procéder à une vérification automatique de l’ouverture des droits », a plaidé M. Caniard.

Pour ce dernier, « l’illusion qui consiste à penser que l’Assurance maladie peut payer pour les complémentaire ou l’inverse, est une illusion complète ».

« Cette décision du conseil constitutionnel montre bien qu’il y a deux payeurs, deux statuts de nature différente qui ne peuvent pas être traités sur le même plan. Seul celui qui a une dette à l’égard d’un tiers peut s’engager sur les conditions et les délais du paiement », a-il estimé.

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