Toulouse: FO opposé au retour au travail de policiers municipaux après des contaminations

TOULOUSE, 26 mars 2020 (AFP) – Le syndicat FO, majoritaire dans la police municipale de Toulouse, s’est indigné du renvoi au travail d’une soixantaine de policiers municipaux de Toulouse, qui avaient été retirés du service après des cas de contamination au coronavirus parmi leurs collègues.

« C’est scandaleux, le risque est que nous devenions des contaminants, et cela nous met aussi en danger, nous et nos familles », a dénoncé auprès de l’AFP le délégué FO Didier Cabanié.

Le maire LR de Toulouse,Jean-Luc Moudenc, a pour sa part défendu auprès de l’AFP le bien-fondé de ce retour au travail, qu’il a validé en fin de semaine dernière, et sa conformité avec les règles édictées par les autorités sanitaires pour garantir le maintien des services publics.

Le retrait de la soixantaine d’agents, « qui ne présentent aucun symptôme » était une « mesure disproportionnée de la petite hiérarchie » susceptible de paralyser toute la police municipale de la ville, alors même qu’elle est mobilisée pour contrôler le respect des mesures de confinement, a-t-il souligné.

Le risque était aussi, selon lui, de « créer une jurisprudence » pour tous les services publics, a-t-il souligné.

Selon FO, le confinement des agents — sur un total de 330 policiers municipaux — avait été décidé après que sept collègues ont été retirés du service entre mercredi et vendredi derniers pour suspicion de coronavirus.

M. Moudenc a pour sa part indiqué avoir été informé de trois cas diagnostiqués positifs au coronavirus la semaine dernière.

Selon M. Cabanié, la soixantaine d’agents démobilisés ont été rappelés lundi « sans aucune mesure particulière de précaution », et avec jusque-là « en tout et pour tout deux masques par personne pour la période ».

Son syndicat a écrit au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sans obtenir pour le moment de réponse, a-t-il ajouté.

M. Cabanié reconnaît la nécessité d’une mobilisation face à la « montée de tension dans la population » observable selon lui avec notamment une « multiplication de soucis entre voisins ». « Hier (mercredi), nous avons même dû intervenir pour une crémaillère, qui réunissait une demi-douzaine d’étudiants au dessus d’un appartement occupé par des médecins ».

Mais les collègues rappelés « ne sont pas indispensables à l’heure actuelle, il aurait suffi de les maintenir jusqu’à la fin de leur quarantaine », tranche-t-il.

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