Touraine: Sécu « redressée », promesse de nouvelles mesures contre la désertification médicale

 PARIS, 25 octobre 2016 (AFP) – La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a vanté mardi la « nouvelle donne » d’une Sécurité sociale aux comptes « redressés », promettant de nouvelles mesures d’incitation pour lutter contre la désertification médicale, mais s’opposant à des mesures plus contraignantes proposées par certains députés.

« La nouvelle donne, c’est une Sécurité sociale à nouveau tournée vers l’avenir. Nous avons mis fin à des années d’errements budgétaires, de fatalisme, de renoncement », a déclaré Mme Touraine, à l’ouverture des débats à l’Assemblée sur le dernier projet de loi de financement de la Sécurité sociale du quinquennat.

Le déficit du régime général « retrouvera l’équilibre pour la première fois depuis 2001 », ramené à -400 millions d’euros contre -3,4 mds en 2016, a-t-elle souligné. « Cette réalité est un puissant démenti apporté à ceux qui confondent recul social et réforme, affaiblissement de la protection des Français et rétablissement des comptes », a estimé la ministre dans une allusion à la droite.

Le secrétaire d’État au Budget Christian Eckert a, lui aussi, vanté un « redressement spectaculaire » des comptes sociaux depuis 2012, tout en menant une « politique profondément sociale ».

Mme Touraine a mis en avant les « nouvelles initiatives » du projet de budget de la Sécu, telles un « plan ambitieux pour l’accessibilité des soins dentaires » ou l’alignement de la fiscalité du tabac à rouler sur celle des cigarettes.

Sur la question de la désertification médicale, elle a dit savoir combien « l’attente est forte » et entendre « l’impatience, la volonté d’aller plus loin ».

Mais « le gouvernement s’opposera » à un amendement voté en commission, a-t-elle confirmé, jugeant que cela « vient rompre la dynamique incitative, qui porte ses fruits », et « risque de pousser des praticiens à choisir la voie du déconventionnement ».

L’amendement, qui avait été aussitôt dénoncé par la profession et sera à nouveau soumis au vote des députés dans l’hémicycle, stipule que « dans les zones (…) dans lesquelles est constaté un fort excédent en matière d’offre de soins, le conventionnement à l’assurance maladie d’un médecin libéral ne peut intervenir qu’en concomitance avec la cessation d’activité libérale d’un médecin exerçant dans la même zone ».

La ministre a néanmoins estimé qu’il fallait « poursuivre, amplifier la dynamique d’incitation » à l’installation des médecins.

Mme Touraine a ainsi promis un amendement pour « constituer des équipes de médecins libéraux remplaçants auprès des ARS (Agences régionales de santé), qui viendront soutenir les médecins libéraux installés en zone sous-dense », ainsi qu’une circulaire qui permettra à l’Ordre des médecins « d’autoriser des médecins non thésés à venir en appui » aux médecins dans les zones peu pourvues.

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