Transport de carburants: le patronat exclut de négocier avec la CGT

PARIS, 29 mai 2017 (AFP) – Le patronat du transport routier a écarté lundi toute négociation avec la CGT, qui poursuivait ses barrages filtrants aux abords de dépôts de carburants principalement en Ile-de-France, où quelques stations-service étaient touchées par la grève.

La CGT-Transports a lancé le mouvement vendredi en espérant « négocier » l’insertion dans la convention collective du transport routier de « spécificités » propres aux matières dangereuses (carburant, gaz, produits chimiques…). Elle demande notamment une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de 14 euros de l’heure et un treizième mois.

Lundi, les fédérations patronales FNTR et TLF ont tenu « à préciser que ces revendications sont portées par le seul syndicat CGT et qu’aucune négociation n’est envisageable avec un seul syndicat ».

Les deux organisations indiquent néanmoins dans un communiqué commun que les questions soulevées « seraient notamment abordées début juillet dans le chantier des classifications conventionnelles ».

Selon elles, « 75% des chargements en carburant sont assurés, ce qui n’entraîne pas de risque de rupture dans la chaîne d’approvisionnement », contrairement à ce qu’assurait la CGT plus tôt.

– « Pas de contact » –

Sollicité, le groupe Total a indiqué à l’AFP que « la situation dans les stations-service (était) normale ce matin », à l’exception de certaines stations « essentiellement localisées à Paris et proche banlieue ».

Sur les 350 stations Total en Ile-de-France, 21 étaient en rupture de stock (soit 6% du réseau francilien), 61 en rupture de gazole et 42 en rupture d’essence, d’après l’entreprise.

Le mouvement de grève concerne « 3 dépôts sur 9 de la région parisienne et sur un total de 200 en France », a déclaré sur RTL Francis Duseux, président de l’Union française de l’industrie pétrolière (Ufip).

Plusieurs barrages filtrants ont été installés dans la nuit de dimanche à lundi, entraînant de légères perturbations au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et devant la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne), selon des sources policières. La CGT était également présente devant le dépôt de La Rochelle, selon un de ses représentants.

Contacté par l’AFP en milieu d’après-midi, un porte-parole de la CGT-Transports a indiqué que le mouvement devrait être reconduit mardi.

« A ce jour on n’a pas de contact avec le patronat » qui préfère engager une « guerre de communication » plutôt qu’un dialogue, a déploré Fabrice Michaud auprès de l’AFP.

Alors que la CGT évaluait la proportion de grévistes « aux alentours de 70% » en Ile-de-France, la FNTR et TLF ont estimé que les chiffres de la mobilisation étaient « largement exagérés ».

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