Transport: dix parlementaires se disent inquiets pour les emplois d’Alstom

PARIS, 6 avril 2016 (AFP) – Dix parlementaires se sont déclarés inquiets pour le maintien de l’emploi sur les sites d’Alstom en France après une réunion organisée mercredi à l’Elysée avec des conseillers du président François Hollande.

« Alstom est dans une situation difficile depuis que le secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies a annoncé que le renouvellement des trains +Corail+ vieillissants se ferait via un appel d’offres et non via l’extension des contrats-cadres conclus avec Alstom, afin de se prémunir contre un éventuel +risque de recours juridique+ », a indiqué la sénatrice LR du Bas-Rhin Fabienne Keller.

L’annonce faite le 19 février avait été assortie d’une commande de 30 nouvelles rames pour Alstom. Le PDG du groupe Henri Poupart-Lafarge avait cependant souligné que le choix du gouvernement de recourir à un appel d’offres se traduirait par « un trou de production sur le site de Reichshoffen à partir de fin 2018 et ce pour au moins 3 à 4 ans ».

Les conseillers de l’Elysée ont confirmé mercredi aux parlementaires le choix de renouveler le parc des Intercités via un appel d’offres.

« Cette décision suscite les plus vives inquiétudes parmi les élus, la direction et les salariés d’Alstom, notamment des sites de Belfort et d’Ornans. Elle signe l’arrêt de la production sur les sites en 2017 et met en péril des milliers d’emplois », ont commenté les sénateurs Michel Raison et Cédric Perrin.

Ils font également remarquer que la commande « des 30 rames pour un investissement de 400 millions d’euros n’a pas été notifiée auprès du groupe ».

« Un doute subsiste quant aux signataires de la commande, l’Elysée laissant entendre qu’il reviendrait aux régions de commander le matériel, ce qui n’est pas envisageable », a dénoncé de surcroît Michel Raison.

Dans un autre communiqué commun, les parlementaires soulignent que « François Hollande a toutes les cartes en main » pour « faire d’Alstom un symbole du renouveau industriel ou de son déclin ».

« Veut-on une France sans usines et sans ouvriers ? Les sites de production Alstom sont (…) un fleuron national avec un incroyable savoir-faire. (…) Pour mémoire, Alstom Transport, c’est 10.000 emplois, dix fois plus que les fameux +bus Macron+ », plaident les parlementaires.

Concernant le risque juridique mis en avant par le gouvernement, ils rappellent qu’il s’agit « d’un risque courant dans ce type de contrat », qui « n’a jamais empêché par le passé l’Etat ou une collectivité de décider ».

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