Transports en commun: inquiétudes syndicales sur les conditions du déconfinement

PARIS, 27 avril 2020 (AFP) – Les principaux syndicats de la SNCF et de la RATP s’inquiétaient lundi des conditions du déconfinement dans les transports en commun, à la veille des annonces du Premier ministre Edouard Philippe qui doit dévoiler mardi le plan du gouvernement.

« Techniquement » le 11 mai à la SNCF, il sera « possible de reprendre au moins partiellement l’activité », mais « la question, ce sera quel niveau de protection on pourra garantir aux usagers et aux salariés », a relevé sur BFMTV Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe ferroviaire.

« On veut des masques, des protections, un certain nombre de dispositions, pour être sûr qu’on ne se contaminera pas », qu' »on ne contaminera pas les usagers, les familles », a-t-il déclaré.

« Si on n’organise pas de distanciation sociale dans les trains, il faut impérativement qu’on ait des masques FFP2 », qui sont « le niveau de sécurité adéquat », a jugé M. Brun. « Est-ce qu’on aura la quantité suffisante pour les usagers et les salariés? Comment on va les distribuer? », s’est-il interrogé, en indiquant qu' »il y a beaucoup de peur » chez les cheminots.

Questionné sur la possibilité d’arrêts de travail de cheminots en l’absence de masques FFP2, M. Brun a répondu: « c’est les salariés qui le décideront ».

De son côté, l’Unsa-RATP, premier syndicat de la régie, a réclamé dans un communiqué des « moyens de protection incontournables: masques, gels hydroalcooliques » pour le déconfinement, qui devront « être à disposition des agents en quantités importantes » et « disponibles pour (les) voyageurs ».

Pour l’Unsa-RATP, le port du masque par les voyageurs doit être « obligatoire ». « La RATP n’a pas à financer » ces masques « mais peut participer » à leur distribution », estime le syndicat, pour qui « il n’est pas question » que le contrôle du port du masque « repose sur (les) seuls agents de sécurité » de la régie.

Outre les masques, l’Unsa-RATP réclame une désinfection « efficace » des matériels utilisés par les agents et les voyageurs, avec « rapidement » une généralisation de « dispositifs testés en ce moment: nébulisation ou fumigation ».

Concernant « le respect des règles de distanciation sociale », il sera « ingérable par l’entreprise » sur ses réseaux, note le syndicat. « Chaque voyageur devra se responsabiliser et les employeurs être au niveau de l’enjeu », avec le recours au télétravail « chaque fois que possible » et un lissage des horaires de travail « pour étaler les heures d’affluence », souhaite l’Unsa-RATP.

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