Travail dominical: la CGT-Printemps perplexe sur le sort des démonstrateurs

PARIS, 3 janvier 2017 (AFP) – La CGT-Printemps, premier syndicat du groupe, demande à la direction de « s’assurer » que les grandes marques présentes dans ses magasins ont établi des accords avec leurs propres salariés concernant l’ouverture dominicale, sous peine de représailles juridiques.

L’Unsa, la CFDT et la CFE-CGC ont validé un accord permettant au Printemps d’ouvrir ses 18 établissements jusqu’à 12 dimanches pour la plupart, et tous les dimanches de l’année pour quatre d’entre eux (Haussmann, Deauville, Marseille Terrasses du Port et Cagnes-sur-Mer), situés en Zone touristique internationale (ZTI) aux termes de la loi Macron.

La CGT, opposée au travail dominical, interpelle mardi la direction sur les risques auxquels elle s’exposerait en ouvrant ses magasins sans se soucier des conditions d’emploi des démonstrateurs, salariés des marques partenaires.

« Selon les données officielles, la surface de vente est occupée par 3.000 salariés extérieurs et moins de 400 salariés Printemps sur le site d’Haussmann » à Paris, les premiers représentant ainsi « plus de 80% du personnel présent », écrit la CGT dans un communiqué.

Les objectifs commerciaux des marques sont « fixés et objectivés par le Printemps » et leurs chiffres d’affaires entrent « dans les résultats comptables et financiers annuels » du groupe, qui est de fait leur « donneur d’ordres », affirme le syndicat.

La chaîne de grands magasins doit donc « s’assurer » que les partenaires « sont bien en conformité » avec la loi, en se procurant un « double des accords négociés par les marques » avec leurs propres syndicats.

« La direction de Printemps SAS doit prendre acte que nous engagerons toutes les procédures judiciaires nécessaires pour le respect de (la) loi, y compris auprès des organismes Urssaf », prévient le syndicat. Il cite notamment le « marchandage de main d’oeuvre » et le « travail dissimulé » comme délits possibles.

Sollicité, le groupe Printemps n’avait pas réagi en milieu de journée.

La loi Macron d’août 2015 autorise les magasins situés en ZTI à ouvrir tous les dimanches et en soirée, à condition qu’un accord sur les contreparties données aux salariés soit conclu avec les syndicats ou que le personnel donne son feu vert via un référendum interne.

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