Travail dominical: la sociabilité perdue pas rattrapée par un jour de repos en semaine

PARIS, 7 juillet 2016 (AFP) – Le travail dominical, qui concerne près de trois salariés sur dix en France, entraîne une perte de sociabilité familiale et amicale plus importante qu’un jour travaillé « classique », qui n’est pas entièrement compensée par un jour de repos en semaine, selon une étude parue jeudi.

Cette perte « pose la question des autres effets à plus long terme » du travail dominical, avec de possibles conséquences sur le « lien familial », souligne l’étude publiée dans la revue « Économie et Statistique » de l’Insee. Un enjeu social « souvent occulté dans les débats relatifs à l’extension du travail dominical », selon ses auteurs.

S’il ne s’agit pas d’une « étude d’impact du travail le dimanche à proprement parler », préviennent Jean-Yves Boulin et Laurent Lesnard, elle permet de « comparer les usages du temps de ceux qui travaillent le dimanche à ceux qui ne travaillent pas ce jour-là ». Et elle montre « un impact très clair » du travail dominical sur la sociabilité, a dit à l’AFP M. Lesnard.

Les deux chercheurs se sont appuyés sur l’enquête Emploi du temps menée par l’Institut de la statistique en 2009 et 2010, confirmant que le dimanche est « avant tout le jour des loisirs », avec en moyenne une durée des heures récréatives plus que doublée par rapport à un jour de semaine.

Le dimanche, jour sans travail ni école, est aussi et surtout plus propice aux moments de partage en famille et avec les amis. « Il permet de synchroniser les rythmes de l’ensemble de la société », souligne M. Lesnard.

De ce fait, le travail dominical a des conséquences plus importantes que le travail en semaine, notamment sur les temps familiaux. Selon les calculs des deux chercheurs, la perte de sociabilité parents-enfants, « toutes choses égales par ailleurs », est ce jour-là « quasiment multipliée par deux » (43%).

Les loisirs avec les amis, deux fois plus conséquents le dimanche qu’un jour de semaine non travaillé (83 minutes contre 42), se réduisent aussi: un quart d’heure (-82%) quand le dimanche est travaillé.

Et un jour de repos en semaine ne compense « pas entièrement », selon l’étude. Une partie de ces temps de sociabilité parents-enfants et amicale « correspond à des pertes nettes pour les travailleurs dominicaux », ont calculé les chercheurs.

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