Turquie: la CGT s’élève contre des « licenciements arbitraires » dans l’usine Renault de Bursa

PARIS, 3 mars 2016 (AFP) – La fédération CGT métallurgie s’est élevée jeudi contre des « licenciements arbitraires » visant, selon elle, plusieurs dizaines de salariés de l’usine Oyak-Renault de Bursa (nord-ouest de la Turquie), et soutient « l’organisation d’élections libres » dans cette coentreprise paralysée en 2015 par 15 jours de grève.

« Main dans la main, les forces de police et la direction d’Oyak-Renault en Turquie se déchaînent et piétinent les droits les plus élémentaires; le droit d’expression, le droit de revendiquer, le droit de se syndiquer au syndicat de son choix », écrit dans un communiqué la fédération.

La CGT accuse le groupe de « s’asseoir » sur l’accord « relatif au respect des droits sociaux fondamentaux » signé par Renault avec le syndicat IndustriALL Global Union en 2013.

Le syndicat affirme que 60 salariés ont été licenciés ces derniers jours et 100 « mis à pied et convoqués », afin « soit de donner leur démission et partir avec un chèque, soit être licenciés avec le minimum ».

Selon l’agence de presse Dogan, la police est intervenue mardi pour disperser avec des gaz lacrymogènes plus d’une centaine d’ouvriers qui bloquaient une route à proximité de l’usine pour s’opposer au licenciement disciplinaire de dix de leurs collègues, et sept ont été arrêtés.

La direction d’Oyak-Renault avait alors confirmé avoir décidé de « sanctionner 10 salariés » ayant « joué un rôle déterminant » lors d' »incidents » ayant « fortement perturbé le fonctionnement » en février de l’usine, qui emploie 5.000 personnes.

Des arrêts de travail ont diminué la production de l’usine lundi et mardi, selon la direction. Mais d’après la CGT, la direction a fermé l’usine lundi par « peur du mécontentement des travailleurs », après l’annulation des élections prévues le même jour pour désigner des représentants des salariés.

Le syndicat français apporte sa « solidarité » au syndicat turc des travailleurs de la métallurgie (Birlesik Metal-Is), « indépendant et démocratique ».

Depuis la grève de 15 jours menée en mai 2015 pour des hausses de salaires, les ouvriers d’Oyak rejoignent « massivement » ce syndicat et les élections prévues devaient faire « reconnaître cette nouvelle situation », d’après la CGT.

Selon les médias turcs, la production a repris normalement mercredi matin et 12 autres salariés, soit un total de 22, ont été licenciés.

Spécialisée dans la carrosserie et l’assemblage de voitures telles que la Clio et la Fluence, l’usine Renault de Bursa est l’une des plus importantes de Turquie et affiche une capacité de production de 360.000 véhicules par an.

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