UE: des centaines d’interprètes au chômage sans indemnités

BRUXELLES, 9 juin 2020 (AFP) – Des centaines d’interprètes indépendants travaillant pour les institutions européennes se sont retrouvés sans travail et sans indemnités à cause de la pandémie de Covid-19, et dénoncent une « absence de dialogue social ».

La question est « très importante », a reconnu la Commission européenne. « Nous essayons de faire en sorte que la charge de travail disponible pour les interprètes soit rétablie le plus rapidement possible », a assuré son porte-parole, Eric Mamer.

L’exécutif bruxellois est toutefois embarrassé par ce conflit.

La délégation des Agents Interprètes de Conférence a dénoncé la « politique du fait accompli » et une « absence de dialogue social » des institutions européennes, dans un communiqué.

La propagation du nouveau coronavirus a contraint les institutions de l’UE à se mettre en sommeil mi-mars, tarissant le recours aux interprètes.

Une catastrophe pour les travailleurs indépendants qui renforcent chaque jour les 800 fonctionnaires européens des services d’interprétation.

Leurs contrats ont été résiliés au 26 mai pour respecter le préavis de deux mois. « Entre la mi-mars et la fin du mois de mai, au plus fort de la crise du coronavirus, la Commission a honoré les contrats de 681 interprètes indépendants pour une valeur totale de 3,8 millions d’euros, soit 1.378 euros nets par mois », a précisé un de ses porte-parole.

Mais depuis, ils n’ont plus aucune rémunération. Un millier d’indépendants se retrouvent dans une situation difficile, car exclusivement employés par les institutions, et la plupart « ne sont pas éligibles aux aides nationales car ils sont soumis à l’impôt communautaire », a expliqué un de leurs représentants.

« Les trois institutions (Commission, Parlement et Conseil européen) ont envisagé l’idée d’un programme d’aide sociale pour les interprètes indépendants. Après une analyse plus approfondie, cette option n’a pas été jugée réalisable compte tenu des contraintes juridiques, budgétaires et organisationnelles », a expliqué la Commission européenne.

Une offre « à prendre ou à laisser » a alors été mise sur la table: une avance de 1.300 euros pour la période, remboursable au plus tard à la fin de l’année par des prestations lorsque les institutions reprendront leurs activités.

« Plus de 1.000 interprètes indépendants se verront proposer cette offre au mois de juin », a précisé la Commission.

« La politique du fait accompli peut difficilement être qualifiée de dialogue social », ont répondu les représentants des interprètes, qui ont exigé le retrait de cette offre jugée « contraire à la convention collective et contraire à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne ».

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