Un appel à projet de 15 millions d’euros pour insérer 4 à 5.000 réfugiés dans l’emploi

PARIS, 1 octobre 2018 (AFP) – La ministre du Travail Muriel Pénicaud a lancé lundi un appel à projets doté de 15 millions d’euros pour faciliter l’insertion dans l’emploi des réfugiés, qui peinent souvent à trouver du travail dans leur pays d’accueil faute de réseaux ou de reconnaissance de leur savoir-faire.

Ce programme vise « 4.000 ou 5.000 réfugiés dès 2019 et on va amplifier les années suivantes », a-t-elle indiqué lors d’une visite dans les locaux de l’incubateur d’entreprises Singa, qui aide les réfugiés à s’insérer sur le marché de l’emploi.

En effet « certains réfugiés ont une qualification, mais ils viennent de pays où il n’y a pas de reconnaissance de diplôme, ou qui s’exercent dans un cadre rendant nécessaire une formation complémentaire », a fait valoir la ministre du Travail.

D’autre part, plus de « 39% des réfugiés arrivant en France n’ont pas pu avoir de qualification professionnelle ». Mais ces personnes qui ont « vécu la guerre, la persécution » ont « le courage, l’envie d’apprendre » et « on a des métiers en tension où on cherche du monde, donc l’offre et la demande peuvent se retrouver dans une démarche gagnant-gagnant », a-t-elle assuré.

Le nouveau programme, qui vise à « aller plus loin que les cours de français sur l’accès à la formation et à l’emploi », se distinguera du programme « Hope » mêlant formation linguistique et apprentissage dans des secteurs en tension comme le BTP, et qui a bénéficié à un millier de réfugiés, a indiqué Mme Pénicaud.

Alors que la France a accordé l’asile à 43.000 personnes l’an dernier, « on est sur des chiffres jamais atteints en manière de personnes en capacité de travailler », a rappelé Alain Régnier, délégué interministériel à l’intégration des réfugiés.

Mais « il est très troublant de voir que peu de gens savent que les réfugiés ont le droit de travailler », a souligné Judith Aquien, la directrice générale d’Action emploi réfugiés.

Ghaees Alshorbajy, arrivé de Damas il y a trois ans et qui a fondé son entreprise de « recyclage connecté et solidaire », peut témoigner de l’importance de cet accompagnement: en arrivant « j’avais l’énergie et l’espoir », mais « c’était compliqué ».

« L’image qu’on a de la France c’est qu’on ne pousse pas à prendre des initiatives. Il est très important de dire que le gouvernement, les associations qui sont prêts à donner un coup de pouce », a pour sa part assuré Roohollah Shahsavar, le président de Singa France.

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