Un cadre de la CGT-Construction en procès pour un « jet de peinture »

PARIS, 2 novembre 2016 (AFP) – Un cadre de la CGT-Construction est convoqué vendredi au tribunal correctionnel de Paris pour des « dégradations » commises lors d’une manifestation au siège de la Fédération française du bâtiment (FFB), un simple « jet de peinture » dont il n’est pas l’auteur, selon sa défense.

Le procès fait suite à un rassemblement organisé en avril 2014 par la fédération CGT de la construction, du bois et de l’ameublement, dans les locaux de la chambre patronale, à Paris, pour l’interpeller sur la pénibilité au travail.

Il est reproché au prévenu d’avoir, à cette occasion, « lancé des confettis et de la peinture à l’eau » sur la façade intérieure du bâtiment, résume la CGT.

La convocation, à 9H00 vendredi devant le tribunal correctionnel, répond à une « stratégie bien connue qui consiste à broyer une personne pour peser sur l’action collective », selon le syndicat.

La CGT organise un rassemblement de soutien devant le tribunal de grande instance de Paris, où elle attend « plusieurs centaines » de personnes.

Le prévenu, administrateur de la CGT-Construction, est soupçonné d’avoir aspergé la façade intérieure du siège de la FFB à l’aide de petites billes de peinture, ce qu’il conteste.

« Quelle que soit l’éventuelle légitimité d’une action, elle ne peut pas être soutenue par la violence », commente auprès de l’AFP l’avocat de la fédération patronale, Claude Vaillant, évoquant les « locaux malmenés, dévastés ».

« Je peux comprendre que les faits ne sont pas corrects et qu’il y ait besoin d’une condamnation, mais ce n’est pas pour ça qu’il faut prendre n’importe lequel, au pif, et en faire un exemple », rétorque Marion Ménage, qui représente la défense.

L’avocate estime par ailleurs que l’affaire aurait dû être traitée par le tribunal de police, car il ne s’agit pas d’un délit.

« On n’est pas devant la bonne qualification, et on n’est surtout pas sur le bon bonhomme », conclut Me Ménage.