Un délégué CGT de PSA Poissy rejugé en appel pour une altercation avec un cadre

VERSAILLES, 22 mai 2018 (AFP) – Le secrétaire général CGT de l’usine PSA à Poissy (Yvelines) comparaît mercredi à la cour d’appel de Versailles, soupçonné d’avoir agressé physiquement un cadre de l’entreprise en 2016, un dossier dans lequel le syndicaliste a été condamné à 6 mois de sursis en première instance.

Un rassemblement « pour le respect des libertés syndicales » et en soutien au salarié est organisé à midi devant la cour d’appel. Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, est attendu, tout comme le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent et les anciens candidats à la présidentielle Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA).

Farid Borsali, représentant syndical au sein de cette entreprise automobile de quelque 4.000 salariés à l’ouest de Paris, comparaît à 14H00 à la cour d’appel de Versailles, pour un épisode datant du 27 septembre 2016.

Ce jour-là, plusieurs délégués mènent une « action sur la sécurité », déplaçant dans l’usine des « objets dangereux » pour les salariés afin de mettre en évidence le risque encouru, a précisé à l’AFP l’avocate de M. Borsali.

C’est dans un contexte agité, en présence de plusieurs représentants syndicaux et cadres de l’entreprise ainsi que d’un huissier, que M. Borsali est accusé d’avoir agressé physiquement et insulté un contremaître, ce qu’il conteste, a-t-elle précisé.

Le 7 juillet 2017, il avait été condamné à six mois de prison avec sursis, 2.000 euros de dommages et intérêts et 600 euros en frais de justice, une décision dont il avait immédiatement fait appel.

Sollicité par l’AFP, l’avocat du cadre n’était pas joignable mardi.

La direction de PSA n’a pas souhaité faire de commentaire, expliquant n’avoir « rien à voir » avec le procès.

A l’occasion de la première instance, le directeur des relations sociales du groupe, Bruno Bertin, avait affirmé: « Ce n’est pas PSA qui a porté l’affaire devant les tribunaux » mais la victime, « un cadre qui s’est fait retourner deux doigts ».

Les relations entre la direction du groupe automobile et la CGT sont notoirement mauvaises depuis plusieurs années.

Dans la même usine de Poissy, neuf salariés, dont huit délégués CGT, ont été condamnés à 5 mois de prison avec sursis en décembre par le tribunal correctionnel de Versailles, pour « séquestration » et « violences en réunion » sur un chef d’équipe en février 2017.

Les 9 salariés, qui contestent toute violence et parlent d’une entrevue de « 17 minutes », ont fait appel.

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