Un rapport parlementaire préconise de mieux évaluer la qualité des Ehpad

PARIS, 26 juillet 2018 (AFP) – La qualité de l’accueil dans les maisons de retraite devrait être mieux évaluée, via une harmonisation des critères et un changement du mode de rémunération des personnes chargées des inspections, préconise un rapport parlementaire publié jeudi.

L’amélioration de la « démarche qualité » des établissements d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes (Ehpad) permettrait à ces établissements de « retrouver la confiance » des citoyens, fait valoir l’auteure de ce rapport, la députée (LREM) Annie Vidal.

« Il s’agit de valoriser les réussites, et elles sont nombreuses, mais aussi de dénoncer et de corriger les pratiques inappropriées, voire déviantes, qui existent certes, mais sont très minoritaires », souligne la députée. Selon elle, les difficultés du secteur ont pu laisser penser, par une sorte d' »amalgame », « qu’en France nos aînés n’étaient pas convenablement pris en charge, voire qu’ils étaient maltraités ».

Les personnels des Ehpad ont dénoncé, lors de deux journées de grève inédites depuis le début de l’année – les 30 janvier et 15 mars – « une très grave situation de sous-effectifs et des conditions de travail dégradées ».

Depuis 2002, la qualité des prestations dans les Ehpad, mais également dans les services d’aide à domicile, doit faire l’objet d’une évaluation externe régulière. Or, les personnes qui mènent ces évaluations ne sont pas suffisamment sélectionnées en fonction de leurs compétences, selon la rapporteure.

Et au delà, elles sont régulièrement rémunérées par les structures qu’elles inspectent, ce qui conduit à des « doutes » sur leur « impartialité et objectivité ». Elle préconise donc de « charger un organisme tiers » de les choisir et de les rémunérer.

Mme Vidal propose également, dans un souci de « transparence », de publier sur internet les rapports d’évaluation des maisons de retraite.

Interrogé par l’AFP, Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), a jugé « anecdotique » cette question de la rémunération des évaluateurs.

« Le vrai problème, c’est qu’on évalue comment les choses sont faites mais on ne recense pas tout ce qui n’est pas fait par manque de moyens ».

« Par exemple, on va évaluer si la personne âgée est bien prise en charge quand on lui donne une douche mais on n’évalue pas à quelle fréquence elle prend une douche! Or dans la plupart des établissements, la douche c’est une fois par semaine, parce qu’on n’a pas les moyens humains pour faire plus », a expliqué M. Champvert.

« L’État veut évaluer la compétence des professionnels mais jamais sa propre incurie », a-t-il fustigé.

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