Une centaine de chauffeurs Uber rassemblés à Aubervilliers pour de meilleures conditions de travail

AUBERVILLIERS, 6 mars 2020 (AFP) – Une centaine de chauffeurs se sont rassemblés vendredi devant le centre d’accueil Uber qui leur est réservé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour demander que leur soient transmises leurs données personnelles et réclamer de meilleures conditions de travail, a constaté une journaliste de l’AFP.

Au 2e étage de l’immeuble de bureaux hébergeant ce centre logistique, les chauffeurs ont accroché une banderole affirmant: « Bienvenue dans le monde des applications, exploitation de faux chauffeurs, tarifications à perte, salariat déguisé, évasion fiscale ».

L’INV, qui regroupe des associations et syndicats de VTC à travers la France selon son coordinateur Brahim Ben Ali, avait invité les chauffeurs à une « extinction totale de toutes les applis », c’est-à-dire à se déconnecter des plateformes VTC de type Uber, Kapten et Marcel.

A Aubervilliers, ils ont tous en même temps rempli et envoyé le formulaire pour demander la transmission de leurs données personnelles où sont notamment inscrits les temps de connexion, d’attente et d’approche, ou encore le nombre de déconnexions par Uber pour annulation de course.

« J’ai tout misé sur ce travail de chauffeur donc le combat, ça me touche beaucoup », a expliqué Diallo Fadia. « J’ai choisi de travailler pour moi, mais à la fin je travaille pour Uber. On nous a fait croire que c’est une liberté totale mais la liberté est très limitée », a poursuivi ce père de famille de 34 ans, chauffeur VTC depuis un an.

Selon lui, la plateforme « pourrait diminuer un peu ses problèmes en baissant ses commissions ».

Responsable de plusieurs chauffeurs Uber, à qui il a notamment procuré une voiture, Tony Lahoud a de son côté souhaité « défendre les gens qui travaillent ». A propos de l’arrêt mercredi de la Cour de cassation requalifiant en contrat de travail le lien entre Uber et ses chauffeurs, il a estimé que « personne ne veut être salarié ». « Si demain, Uber respecte les règles et fixe des prix corrects, je crois que le chauffeur ne va pas se casser la tête à aller ailleurs », a-t-il ajouté.

Plusieurs centaines de chauffeurs français d’Uber ont mené depuis mi-novembre des opérations de blocage de centres logistiques de la plateforme, pour protester contre un changement des procédures qui suspend un chauffeur en cas de refus répétés d’une course, le privant de travail.

Les chauffeurs dénoncent également le niveau de commission prélevé par Uber.

A Bordeaux, une quarantaine de coursiers à vélo travaillant notamment pour Deliveroo ou Uber eats ont « bloqué les commandes » devant un Burger king du centre-ville, en refusant les commandes arrivant sur leurs smartphones, a constaté l’AFP.

Ils demandent « un minimum garanti horaire » et un « contrôle sur le recrutement », alors que les coursiers « sont mis à ultra concurrence. Les plateformes recrutent constamment et ça nous met la pression », a expliqué Arthur Hay, un ancien de Deliveroo, secrétaire général du syndicat CGT des Coursiers à Vélo de Gironde (SCVG), qui a appelé à la manifestation.

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