Une expérience d’insertion par l’emploi pour mille réfugiés

PARIS, 4 mai 2017 (AFP) – Mille réfugiés vont bénéficier d’ici février prochain d’un programme d’insertion associant accès au logement, apprentissage linguistique et formation professionnelle, aux termes d’un accord-cadre signé mercredi entre trois ministres et Pôle Emploi.

Ce programme, inspiré d’une expérience menée en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France sur 200 personnes, vise à « accompagner les réfugiés sur la voie de l’insertion » une fois qu’ils ont obtenu l’asile et à « faciliter leur sortie des dispositifs d’hébergement », selon un communiqué.

En effet, tant qu’ils sont demandeurs d’asile les migrants sont pris en charge avec (pour ceux trouvant une place dans les structures d’hébergement) logement et accompagnement social à la clé. Paradoxalement, le précieux statut de réfugié réduit cet encadrement en les faisant tomber dans le droit commun, avec pour ceux qui ont obtenu très vite le statut de réfugié des difficultés à trouver un travail, un logement… dans une langue qu’ils maîtrisent mal.

C’est pourquoi « le développement de parcours » d’insertion professionnelle « est indispensable », souligne l’accord cadre signé entre les ministres du Travail Myriam El Khomri, de l’Intérieur Matthias Fekl, du Logement Emmanuel Cosse, Pôle emploi, le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) et l’Ofii (Office français d’immigration et d’intégration).

Outre l’hébergement et la restauration, les participants bénéficieront donc d’un apprentissage linguistique « intensif et tourné vers les métiers » (200 à 240 heures, comme tous les réfugiés), mais aussi d’un programme de construction d’un projet professionnel (400 heures environ) et pourront suivre une formation certifiante (450 heures minimum).

Étalé sur huit mois, le programme doit débuter en juin et les derniers bénéficiaires entreront dans le dispositif « avant la fin du mois de février 2018 ».

Ce type d’insertion « est une condition indispensable pour favoriser l’acceptabilité locale de la prise en charge de ces populations nouvelles », ajoute le texte, alors que de nombreux centres d’accueil (CAO pour migrants de Calais et Paris, Cada pour demandeurs d’asile) ont ouvert en régions ces derniers mois.

« Le nombre de personnes bénéficiaires d’un statut de protection internationale, estimé à 36 000 en 2016, va continuer de s’accroître significativement au cours des prochaines années », note l’accord cadre.

Les réfugiés peuvent hésiter à quitter les structures d’hébergement s’ils ne savent pas où loger, même si, selon le ministère de l’Intérieur, le taux d’occupation indue en Cada (centre d’accueil des demandeurs d’asile) par des réfugiés est tombé à 3,1% au 31 décembre.

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