Une instruction adapte le plan canicule dans le cadre de l’épidémie de Covid-19

 PARIS, 24 juin 2020 – « Le territoire métropolitain pourrait se retrouver soumis simultanément à une circulation active au virus SARS-CoV-2 et à des vagues de chaleur durant la prochaine période estivale », avertit le gouvernement dans une instruction interministérielle publiée le 18 juin 2020 sur le site du ministère du Travail. Elle adapte ainsi le plan national canicule dans le cadre de l’épidémie de Covid-19. Le plan canicule de référence reste celui de 2017 qui est à nouveau reconduit en 2020.

Le ministère du Travail reconduit en 2020 le plan national canicule 2017 déjà reconduit en 2018 par une instruction et en 2019 implicitement, via une nouvelle instruction publiée sur son site le 18 juin 2020. Considérant que «pour la saison estivale 2020, la situation sanitaire d’épidémie de Covid-19 représentera […] un facteur contextuel aggravant », cette instruction interministérielle datée du 29 mai 2020 adapte le plan canicule, entre autres en matière de ventilation et de climatisation des établissements. Elle précise également que les mesures barrières pour prévenir la Covid-19 et « les recommandations de prévention vis-à-vis de la chaleur continuent à s’appliquer ».

Personnes vulnérables à la chaleur

« L’effet de la chaleur sur l’organisme est immédiat, et survient dès les premières augmentations de température (niveau de vigilance météorologique jaune) », rappelle l’instruction. Des pathologies liées à la chaleur peuvent se manifester : maux de tête, nausées, crampes musculaires, déshydratation ou encore coup de chaleur pouvant entraîner le décès. L’instruction rappelle aussi les catégories de population vulnérables à la chaleur. Ce sont les «personnes dont l’état de santé ou l’âge les rendent plus à risque» (plus de 65 ans, femmes enceintes, personnes atteintes de certaines affections, en situation de handicap ou prenant certains médicaments, etc.) ainsi que celles «dont les conditions de vie ou de travail, le comportement ou l’environnement les rendent plus à risque ».

Parmi cette dernière catégorie, figurent notamment « les travailleurs exposés, particulièrement dans le cas de travaux manuels en extérieur ou réalisés en atmosphère chaude », les sportifs, les « populations exposées à des épisodes de pollution de l’air ambiant » ou encore les «populations vivant en milieu urbain dense ». Si ces personnes sont les premières concernées en cas de pic de chaleur, plus l’intensité de la chaleur augmente, plus la population est impactée. Ainsi, mêmes les personnes en bonne santé peuvent être concernées. Cette liste peut être utilement croisée avec celle des personnes vulnérables au Covid-19, qui, pour être protégées, peuvent être placées en activité partielle.

Ventilation et climatisation collectives

« Dans le contexte sanitaire actuel, l’aération des milieux revêt une importance capitale pour le renouvellement de l’air intérieur ainsi que pour son refroidissement, y compris en cas de pic de pollution atmosphérique», indique l’instruction. Il s’agit donc « de s’assurer que les mesures mises en place par [les] prestataires en charge de l’installation et de l’entretien des systèmes de ventilation et de climatisation sont conformes aux recommandations en la matière ».

En outre, l’instruction rappelle qu’en raison de l’épidémie de Covid-19 «l’utilisation de ventilateur dans les espaces collectifs clos ou semi-clos, est contre-indiquée, dès lors que plusieurs personnes sont présentes dans cet espace en même temps, même porteuses de masques, si le flux d’air est dirigé vers les personnes.»