Une journée pour défendre les valeurs de la fonction publique et un « modèle social »

PARIS, 29 novembre 2016 (AFP) – Quatre syndicats de la fonction publique, CGT, FSU, Solidaires, FAFP, ont organisé mardi une journée pour défendre ses valeurs et dénoncer les attaques dont elle est l’objet, qui posent, selon eux, « la question de notre choix de société ».

A Paris, ils ont été reçus au ministère de la Fonction publique pour faire entendre leurs revendications après un rassemblement d’environ 500 personnes sur l’esplanade du musée d’Orsay à la mi-journée, selon les syndicats.

Ils ont notamment demandé au gouvernement de « porter un discours fort » pour défendre la fonction publique et la réalité de son temps de travail avec « des CET plein à craquer, jamais utilisés », des « heures supplémentaires non rémunérées », « la garantie d’un rendez-vous salarial en 2017″ et la nécessité d' »avancer sur la question de la précarité grandissante dans la fonction publique », selon Solidaires.

Une trentaine de rassemblements et actions de sensibilisation aux enjeux des services publics ont eu lieu en région, notamment à Toulouse, Rennes, Roanne, Saint-Etienne, selon la CGT. A Nice, environ 150 personnes se sont rassemblées, selon la police, pour dire « l’austérité, ça suffit ».

« Je n’ai pas la fonction publique honteuse, au contraire, je suis fière de ces femmes, de ces hommes qui sont engagés sur le territoire, ceux qui travaillent plus les fins de semaine, la nuit. La fonction publique c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas », a lancé la ministre Annick Girardin à l’Assemblée lors des questions au gouvernement, fustigeant « la logique strictement comptable de la droite ».

« On souhaite que les politiques, François Fillon (LR) (qui propose de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires, ndlr) et tous ceux qui se présenteront à l’élection présidentielle, disent comment on fait (…) soit on ne rend plus de services, soit on les maintient et on les privatise et ça a un coût », a dit Bernadette Groison (FSU).

« Quel choix de modèle social voulons-nous? C’est ce débat qui est ouvert », a-t-elle ajouté, parlant d’une fonction publique sur « la sellette ».

« Aujourd’hui plus que jamais les fonctionnaires ont le sentiment qu’ils doivent travailler plus pour assurer leurs missions avec beaucoup moins de moyens. Leurs conditions de travail se sont considérablement dégradées par la remise en cause de leur temps de travail », a estimé Mireille Stivala de la fédération CGT santé social, en évoquant « des suicides » en recrudescence dans les professions de santé.

« La fonction publique hospitalière c’est 1,2 million de fonctionnaires; après le passage aux 35 heures il manquait 40.000 paramédicaux, 30.000 ont été embauchés, il en manque 10.000 », affirme Pascal Carretey de la Fédération autonome (FAFPH). « On aura beau réorganiser comme on veut les hôpitaux, il va falloir des soignants », a-t-il ajouté, parlant lui aussi de « choix de société ».

« L’actualité nous donne raison sur la nécessité de se mobiliser dans le cadre de la fonction publique. Cela fait plusieurs années qu’elle est présentée comme un bouc émissaire. Pour nous, c’est une richesse pour notre pays et non pas un coût, car c’est un élément fondamental de la cohésion sociale », a encore fait valoir Denis Turbet-Delof (Solidaires).

bur-ls/shu/jpr