Une usine de masques chez l’équipementier automobile Mahle-Behr en Alsace

STRASBOURG, 13 mai 2020 (AFP) – Une usine de production de masques en grande série sera prochainement implantée au sein de l’équipementier automobile Mahle-Behr à Rouffach (Haut-Rhin) qui connaît actuellement un plan social, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

Mahle-Behr France, qui fabrique des appareils de climatisation et de chauffage pour véhicules, va louer une partie de ses locaux et mettre à disposition quelques dizaines de salariés parmi les 639 qu’elle emploie pour lancer dans les prochains jours un atelier de fabrication « industrielle » de masques, ont indiqué à l’AFP les syndicats CGT et Unsa du site.

Présenté aux représentants du personnel le 6 mai, le projet a obtenu mercredi l’accord de la maison-mère allemande Mahle-Behr, ont-ils indiqué.

« La validation a été officialisée à 13H30 », a précisé Youssef Zehri, délégué CGT.

La direction de l’usine de Rouffach s’est refusée à tout commentaire dans l’immédiat et les porte-parole du groupe Behr n’ont pu être joints mercredi après-midi.

Le projet consiste à produire des masques grand public selon une cadence qui va monter en puissance pour atteindre 4 millions d’unités par semaine en juillet, ont indiqué les deux syndicats.

La production sera destinée en priorité à l’Alsace, l’un des territoires les plus touchés par la pandémie.

Elle emploiera jusqu’à 90 salariés de Mahle-Behr en juin, un effectif qui redescendra à une « cinquantaine »à partir de juillet lorsqu’elle deviendra « plus automatisée », a précisé Denis Pieczynski, délégué Unsa de Mahle-Behr France.

Le personnel sera prêté dans un premier temps à la société dédiée à la fabrication des masques, constituée le 4 mai dernier par des entrepreneurs textiles locaux sous le nom de Barral, afin de poursuivre à une échelle industrielle et sur le long terme la mobilisation des fabricants textiles alsaciens qui avait débuté dès la mi-mars.

Mahle-Behr Rouffach est engagé dans un plan de 239 suppressions d’emplois, d’ici à l’an prochain. « Cette initiative ne remettra pas en cause le plan social et n’aura pas de conséquence sur lui, le groupe a été ferme sur ce sujet », a « regretté » M. Pieczynski.

L’atelier de masques devrait toutefois permettre à « 20 à 25 salariés » de s’y reclasser, en y étant embauchés définitivement, a-t-il noté.

Quant aux salariés qui seront mis à disposition pour engager ce projet, « ils retrouveront une rémunération à 100 % », alors qu’ils sont actuellement en chômage partiel, a relevé M. Pieczynski.

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