Urgences: l’AP-HP propose 230 créations de postes pour mettre fin à la grève

PARIS, 27 juin 2019 (AFP) – Pour sortir de la grève de ses services d’urgence, la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a proposé aux syndicats la création de 200 postes, ainsi qu’une « enveloppe complémentaire de 30 emplois » à répartir ultérieurement, selon un document consulté jeudi par l’AFP.

Berceau du mouvement de grève national entamé mi-mars, l’AP-HP tente depuis plus de trois mois de trouver une issue au conflit, mais n’est pour l’instant parvenue à trouver d’accord qu’avec les urgences de l’hôpital Cochin.

La direction a donc revu son offre à la hausse mardi, lors de la dernière réunion de négociations avec les syndicats (CGT, SUD, CFDT, FO) et le collectif de soignants Inter-Urgences à l’origine du mouvement.

Sur les effectifs, elle « propose de créer et d’affecter 200 emplois » immédiatement dans les 25 services d’urgence « et de prévoir une enveloppe complémentaire de 30 emplois (…) sans décider dès à présent leur service d’affectation », selon un compte-rendu dont l’AFP a obtenu copie.

« Une proposition forte », selon le directeur général adjoint de l’AP-HP, Jérôme Marchand-Arvier, qui rappelle que son offre précédente était de 170 postes.

Mais pour Rose-May Rousseau, secrétaire générale CGT, « ce n’est qu’une partie des 800 postes supprimés cette année » pour réduire le déficit abyssal du plus grand groupe hospitalier français.

La négociation a aussi porté sur les rémunérations: en plus de la prime « de dangerosité » de 100 euros net annoncée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l’AP-HP veut augmenter la prime « d’insalubrité » à 56 euros net, et créer une prime « de coopération » de 100 euros brut pour les infirmières « avant la fin de l’année », indiqué M. Marchand-Arvier.

Un « budget modificatif » incluant les 230 postes supplémentaires doit être présenté vendredi au conseil de surveillance de l’AP-HP, avant une nouvelle rencontre avec les syndicats « la semaine prochaine », ajoute-t-il.

« Il y a des avancées. Ce qui est mis sur la table, ce n’est pas rien », reconnaît Mme Rousseau, qui considère toutefois que « la réflexion doit se faire au niveau national » avec « un plan d’attractivité pour l’emploi hospitalier ».

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