Usine Bosch à Rodez: Le Maire appelle le groupe allemand à « tenir ses engagements »

RODEZ, 26 septembre 2019 (AFP) – Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a appelé le groupe allemand Bosch à « tenir ses engagements » de sauvegarde des emplois de son site aveyronnais, soulignant qu’il n’était « pas satisfait » de la situation, après une rencontre jeudi à Rodez avec les syndicats.

Les salariés, qui s’inquiètent des menaces sur l’emploi, « ont raison », a relevé le ministre.

En raison du décès de Jacques Chirac, Emmanuel Macron a annoncé qu’il ne se rendrait pas à Rodez jeudi pour lancer le grand débat sur les retraites.

« J’ai demandé à voir très rapidement le président de Bosch pour que nous puissions regarder comment de la diversification externe et interne permettra de garantir l’emploi sur le site de Rodez », a ajouté M. Le Maire.

Alors que Bosch « a pris l’obligation » de sauvegarder 300 emplois, via une diversification industrielle du site, « les choses n’avancent pas au rythme où elles devraient (…) il faut changer de braquet », a-t-il insisté.

Le ministre a aussi indiqué avoir demandé « l’accélération » de l’étude demandée par le gouvernement pour voir si les motorisations diesel peuvent avoir la vignette Crit’Air 1.

« J’ai demandé un rapport d’étape fin 2019 » et « une étude définitive en juin 2020 », la date jusque-là avancée d’octobre 2020 étant trop tardive, a-t-il affirmé, relevant que « 12.000 salariés » dans le secteur du diesel en France attendaient ces résultats.

Yannick Anglarès, délégué CGT de Bosch, avait fait part à l’AFP avant la rencontre de son intention d’interpeller le ministre « sur la politique du gouvernement, qui se fait au détriment du diesel », estimant que les déboires de la filière menaçaient 2.000 emplois directs et 6.000 indirects en Aveyron.

Le ministre de l’Economie s’est en revanche félicité des discussions qu’il a eues sur le sort de la Société Aveyronnaise de Métallurgie (SAM), dont 250 des 412 emplois étaient menacés, selon le propriétaire chinois Jinjiang.

« Un accord a été trouvé » pour la reprise du travail par les salariés, en grève depuis lundi, a-t-il annoncé. Il a salué « un nouveau départ pour la SAM » qui « suppose que dans les 15 jours qui viennent, on puisse réfléchir aux nouveaux investissements et aux nouvelles formations nécessaires ».

« Nous avons acté le retrait du PSE de 250 personnes » annoncé la semaine dernière, a affirmé à l’AFP Sébastien Lallier, délégué CGT du site. « Toute discussion sur une éventuelle restructuration sera menée sous l’égide de l’État » et s’il y a un PSE, « il ne sera pas de l’ordre de 250 suppressions », a-t-il ajouté.

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