Valls reparle d’un possible « revenu universel » fusionnant les minimas sociaux

PARIS, 15 septembre 2016 (AFP) – Manuel Valls a de nouveau évoqué jeudi la possibilité d’instaurer un « revenu universel garanti », une aide unique qui fusionnerait « la plupart » des minimas sociaux, dans ce qui ressemble à une piste pour le programme socialiste en 2017.

Le Premier ministre, à l’occasion d’un discours d’hommage à Michel Rocard créateur du RMI, a affiché sa volonté « d’aller plus loin » sur la question du RSA et des minimas sociaux.

« Le RMI a évolué. Il est devenu le RSA. Moi, je crois qu’il faut maintenant aller plus loin. Par la réforme des minimas sociaux, leur simplification, peut-être pour aller vers un revenu universel garanti », a-t-il dit, même si « ce sont des débats bien sûr d’une grande complexité ».

Il pourrait s’agir d' »une seule aide qui fusionnerait la plupart des minimas sociaux existants, ouverte à tous, y compris au moins de 25 ans », selon le Premier ministre.

« En tout cas c’est un grand projet pour la gauche et il y a des champs dans la réduction des inégalités que nous devons être capables d’explorer », a-t-il plaidé.

Le Premier ministre, s’il n’est pas rentré dans le détail, avait déjà évoqué cette piste en avril, à l’occasion de la remise d’un rapport par l’actuel ministre de l’Industrie Christophe Sirugue, suggérant un nouveau « revenu minimal d’existence ».

M. Valls en a profité pour attaquer la droite et le Front national, critiquant « ceux qui aujourd’hui stigmatisent, ne pensent qu’à la sanction, à la radiation, oublient cette mission originelle ».

« C’est une faute lourde! C’est une attaque en règle contre notre modèle social. C’est une analyse, non seulement dangereuse, mais erronée », a-t-il poursuivi, citant Michel Rocard: « la solidarité n’est pas la bonne conscience de la modernisation, elle est la condition de sa réussite ».

Se plaçant dans la lignée rocardienne, le Premier ministre a par ailleurs défendu son « social-réformisme », qui n’est « pas une gauche allégée, édulcorée, aseptisée ou qui trahirait l’idéal ».

« Tout cela, ce sont des fables! Non, c’est la gauche à l’état brut, celle qui travaille le réel au nom d’un idéal. C’est une gauche qui rêve, tout en sachant que le réel a toujours été le critère de vérité en politique », a-t-il soutenu.

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