Valls s’engage à « simplifier » le quotidien des personnes handicapées

NANCY, 2 décembre 2016 (AFP) – Manuel Valls a annoncé vendredi une nouvelle feuille de route comportant 90 mesures pour « simplifier la vie quotidienne des personnes handicapées » et « améliorer leurs droits sociaux », lors d’un comité interministériel du handicap à Nancy.

« Les réponses ne sont pas toujours satisfaisantes, alors même que 12 millions de Français vivent avec un besoin spécifique en matière d’autonomie », a déclaré le Premier ministre, disant vouloir permettre que chaque personne concernée « trouve une solution adaptée ».

Le gouvernement s’est engagé à renforcer l’offre médico-sociale (établissements et services d’accompagnement). Sur les 180 millions d’euros sur la période 2017-2021 annoncés en mai par François Hollande, 59 millions seront délégués aux Agences régionales de santé « dès 2017 ».

Les modes d’accompagnement seront diversifiés, via la création de « pôles de compétences et de prestations externalisées », destinés à financer les interventions de professionnels libéraux – psychologues, éducateurs – auprès des personnes handicapées.

Des places en établissements seront créées, notamment dans les territoires les moins bien dotés, pour les handicaps « lourds et complexes », selon le dossier de presse.

Ces places seront aussi destinées aux jeunes adultes actuellement maintenus en établissements pour enfants, faute de places dans des structures adaptées à leur âge. En outre, l’offre médico-sociale sera développée en Outre-mer.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé que la concertation sur le 4e plan autisme serait lancée en janvier 2017. Pour « renforcer l’offre de scolarisation », ce plan pluriannuel comportera la création sur deux ans de 100 unités d’enseignement en écoles élémentaires, et d’une unité localisée d’inclusion scolaire (Ulis) par département, notamment dans les collèges.

La prestation de compensation du handicap (PCH), qui sert notamment à acquérir des aides techniques, pourra être demandée au-delà de 75 ans, cette barrière d’âge étant supprimée pour les personnes qui étaient éligibles avant 60 ans.

Elle pourra servir à financer des aides humaines pour les parents handicapés ayant de jeunes enfants.

Pour « faire évoluer le regard de la société », la santé mentale et le handicap psychique pourraient être déclarés « grande cause nationale 2017 », ou faire l’objet de campagnes nationales.

Comme annoncé par François Hollande, une attention particulière sera portée au polyhandicap (associant déficiences motrices et intellectuelles), qui représente une naissance sur mille, afin de développer un « accompagnement de proximité » et de « faciliter scolarisation et apprentissages ».

La Fnath (association des accidentés de la vie) a salué dans un communiqué des mesures « attendues depuis longtemps ». « Reste à concrétiser ces annonces, mais surtout à mobiliser l’ensemble des candidats aux prochaines élections », a-t-elle souligné.

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