Vente-du-diable reprend le site d’e-commerce Pixmania, 234 salariés sur le carreau

PARIS, 5 février 2016 (AFP) – Le site de ventes privées Vente-du-diable.com, spécialisé dans le déstockage de produits techniques, a été désigné vendredi par la justice pour reprendre Pixmania, laissant sur le carreau 234 salariés en France sur un total de 270.

Pixmania, groupe de vente en ligne en redressement judiciaire depuis mi-janvier et qui emploie environ 370 personnes dont 270 en France, va être repris par Vente-du-diable.com, qui ne conservera qu' »une partie des salariés », selon une source judiciaire.

Selon le délégué syndical central Force Ouvrière de Pixmania, interrogé par l’AFP, le site Vente-du-diable.com ne reprend que 36 salariés, sur un total de 270 en France, soit 13% des effectifs.

Pixmania, qui employait 1.000 salariés à la fin des années 2000, a déjà connu plusieurs plans sociaux, qui ont conduit à la suppression de près de deux tiers de ses emplois.

Les salariés conservés travaillent au service « marketplace », l’espace internet de vente rassemblant une myriade de vendeurs indépendants, basés au siège à Asnières-sur-Seine, précise le délégué syndical central.

« C’est triste, car il va y avoir plus de 200 licenciements, on est déçus », a réagi le délégué, actuellement « en discussion avec Mutares (l’investisseur allemand ayant racheté Pixmania en 2014, ndlr) pour essayer de négocier des indemnités convenables pour les salariés ».

Selon lui, le tribunal de commerce de Nanterre, chargé du dossier, se réunira de nouveau le 12 février « pour prononcer la liquidation de Pixmania » et « fin février nous serons licenciés », a-t-il regretté.

Vente-du-diable.com avait en effet manifesté son intérêt pour la reprise d’une partie des activités de Pixmania dès l’annonce de candidature à la reprise du site de e-commerce.

Vente-du-diable n’avait pu être contacté vendredi midi par l’AFP.

L’autre candidat à la reprise était une entreprise dénommée Astry.

– Activité en baisse depuis 5 ans –

Pixmania prévoyait initialement de se transformer en place de marché, c’est-à-dire en site servant d’intermédiaire à des vendeurs tiers. Depuis fin 2015, elle cherchait également des partenaires ou des repreneurs extérieurs « pour sauver le maximum d’emplois ».

Sans surprise, le tribunal de commerce avait acté mi-janvier la transformation de la procédure de sauvegarde en redressement judiciaire. Une voie qui apparaissait comme la plus à même de donner à Pixmania le maximum de chances de trouver un acquéreur dans le cadre d’une reprise totale de ses activités.

Selon une source proche du dossier, contactée début janvier, l’Allemand Mutares, « aurait vraisemblablement vocation à sortir » du groupe si une offre de reprise aboutissait.

Créé en 2000, le groupe spécialisé au départ dans le tirage photo et qui s’est ensuite diversifié dans la vente de produits électroniques, a été un des pionniers de la vente en ligne en France.

Mais concurrencé sur ses marchés par des acteurs généralistes (Amazon, CDiscount) ou spécialisés (Fnac, Darty) et confronté à la chute de ses approvisionnements, il a vu depuis cinq ans son chiffre d’affaires plonger, passant de 806 millions d’euros en 2010 à 295 millions en 2014.

Ses pertes, qui se chiffraient à 25 millions d’euros en 2012, ont depuis été réduites sous l’égide de son actuel propriétaire Mutares, mais le groupe reste déficitaire.

Mutares, un investisseur allemand spécialisé dans le redressement de sociétés en difficulté, avait racheté le groupe en 2014 au britannique Dixons, géant européen de la distribution de produits d’électrodomestique, qui l’avait lui-même acquis en 2006 pour 266 millions d’euros à ses fondateurs, les frères Rosenblum. Ceux-ci se sont totalement retirés de la société en 2012.

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