Verallia: des syndicalistes dénoncent leur mise à pied après avoir alerté sur une « pollution à l’amiante »

DIJON, 13 janvier 2020 (AFP) – Les représentants de la CGT au sein l’usine de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) du groupe verrier français Verallia ont dénoncé lundi à l’AFP la mise à pied de trois d’entre eux, quelques jours après avoir alerté sur un risque « par pollution à l’amiante ».

Les représentants du personnel sont convoqués en début de semaine prochaine dans le cadre d’une « mise à pied conservatoire », ont ils indiqué, confirmant une information de la presse locale.

« La direction parle de faits très graves » qui doivent être détaillés lors des entretiens, ont-ils ajouté.

Selon les syndicalistes, la mesure est liée à un droit d’alerte signé et rendu public la semaine précédente par les dix membres CGT du comité social et économique (CSE), qui évoquait un « risque grave pour la santé publique et l’environnement par pollution à l’amiante ».

Après un incendie en juillet dernier et un épisode de vents violents en décembre, « des morceaux de toiture tombent régulièrement au four 1 au soufflage », selon le syndicat, qui les a fait analyser en laboratoire: « sur 4 prélèvements effectués, 3 échantillons contiennent de l’amiante ».

L’entreprise a, de son côté, effectué « plusieurs mesures de la présence d’amiante dans l’air » depuis l’incendie de juillet et il n’y a « pas de danger pour les employés de l’usine ni pour les habitants proches du site », a affirmé à l’AFP un chargé de communication de Verallia.

« Le sujet n’est pas la présence de fibres d’amiante dans les matériaux, mais leur volatilité et donc le respect des seuils réglementaires dans l’air », a poursuivi la même source, ajoutant que « des inspections régulières continueraient à être effectuées ».

Après ces contrôles, l’entreprise « n’avait pas d’obligation de prendre des mesures de suspension d’activité ou d’interdiction d’accès à la zone du bâtiment où s’était produit le sinistre », a pour sa part indiqué à l’AFP la préfecture de Saône-et-Loire.

Les plaques de couverture en fibrociment, « dont les fragments ne sont pas nécessairement émetteurs de fibres dans l’atmosphère », n’avaient pas subi « une détérioration les rendant émettrices de fibres d’amiante », a notamment relevé la préfecture.

L’entreprise a confirmé à l’AFP la mise à pied de ses trois salariés sans donner d’indication sur ses motifs, indiquant simplement ne pas pouvoir « commenter une procédure disciplinaire en cours ».

La CGT a annoncé « une mobilisation coordonnée dans les sept usines de Verallia » de l’Hexagone pour soutenir ses trois élus. Une assemblée générale est prévue mardi sur le site de Chalon-sur-Saône et mercredi sur les autres sites.

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