Veyrier (FO): « il y a tout lieu de craindre » des baisses des salaires

PARIS, 1 juin 2020 (AFP) – Le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a estimé lundi qu' »il y a tout lieu de craindre » des baisses des salaires dans les entreprises avec la crise sanitaire, qui risque de servir de « prétexte » à des employeurs.

« Il y a tout lieu de craindre » des baisses des salaires ou du nombre de jours de RTT, la suppression du 13e mois ou des indemnités de transports, a déclaré M. Veyrier sur RTL.

« Les situations sont souvent des prétextes, des effets d’aubaine. Donc celle que nous connaissons aujourd’hui, la crise sanitaire » du coronavirus, « avec ses conséquences économiques évidemment, risque de conduire beaucoup d’entreprises à utiliser cette situation pour faire valoir la nécessité de réduire encore le coût du travail », s’est-il inquiété.

« Évidemment, la situation à venir risque d’être compliquée » et « il y a des difficultés réelles, mais toutes les entreprises ont bénéficié massivement de l’indemnisation par l’État » du chômage partiel, a-t-il souligné.

« Il y aura besoin d’aider dans tel ou tel secteur », mais « il faut absolument qu’on conditionne les aides publiques, qu’on les évalue, qu’on les contrôle et qu’on les soumette à sanction lorsque les conditions ne sont pas respectées », a-t-il insisté.

M. Veyrier a déploré « des exemples passés, où on a contraint les salariés par le biais d’une forme de chantage à l’emploi à accepter des baisses de salaires, d’augmentation du temps de travail sans augmentation de salaire, pour au final que des emplois soient malgré tout supprimés ».

Et « au final », ces postes ont été supprimés « dans des conditions plus favorables pour l’entreprise » que pour les salariés « puisque, dans ces cas-là, les plans sociaux sont évalués sur les salaires qui ont été baissés depuis plusieurs mois ou plusieurs années », a-t-il regretté.