Viskase délocalise des Vosges vers la Pologne : 92 emplois supprimés

MULHOUSE, 23 octobre 2018 (AFP) – L’entreprise américaine Viskase, qui travaille pour l’industrie agroalimentaire, va supprimer 92 emplois dans son usine des Vosges, soit un tiers des effectifs, en raison d’une « délocalisation » de production en Pologne, a-t-on appris mardi de source syndicale.

La direction a confirmé, mardi en comité d’entreprise, un projet de restructuration qui entraînera 92 suppressions de postes sur 279 dans l’usine de Capavenir Vosges (regroupement des communes de Thaon-les-Vosges, Oncourt et Girmont), a indiqué à l’AFP Daniel Haumonté, porte-parole de l’intersyndicale CFDT-CGT-CFTC-FO.

Cette mesure résultera du transfert d’une partie de la production vers l’usine de ce groupe américain en Pologne près de Varsovie. C’est « un cas typique de délocalisation dans un pays low cost », a commenté M. Haumonté, également secrétaire du comité d’entreprise.

Selon le représentant du personnel, la décision n’a pas de fondement économique car l’usine vosgienne tourne à plein régime. « On a un carnet de commandes de six mois et on a travaillé en équipe de nuit tout l’été. Ils veulent de la main-d’oeuvre moins chère, tout simplement », a dit M. Haumonté.

L’écart de coûts avec la Pologne serait de l’ordre de 1 à 8: « Pour 25 opérateurs là-bas, vous avez ce que coûtent 3 ici », a-t-il estimé.

Le site vosgien fabrique des boyaux en cellulose pour l’industrie de la transformation de viandes.

Viskase prévoit de supprimer 18 autres emplois en France, soit 16 à son siège de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), appelé à fermer, et 2 dans l’usine de Beauvais (Oise), a précisé l’intersyndicale. Un transfert des Vosges vers Beauvais n’est pas possible car les productions sont différentes, a-t-elle exposé.

Le groupe avait déjà présenté son projet en septembre, mais son plan social (PSE, plan de sauvegarde de l’emploi) a été invalidé par les services de l’Etat (la Direccte Grand Est – Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) pour ne pas avoir recherché de repreneur pour le siège français, ont rappelé les syndicats.

Sollicitée mardi après-midi par l’AFP, la direction de Viskase France n’a pas souhaité réagir.

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