VTC: Heetch et la CFDT lancent une expérimentation sur un encadrement des tarifs

PARIS, 26 juillet 2018 (AFP) – La plateforme de VTC Heetch et la CFDT lancent vendredi à Nice une « expérimentation commune » sur un « encadrement des prix minimum et maximum » pour établir une fourchette de tarifs acceptable par tous: clients, chauffeurs et plateformes, ont-elles annoncé jeudi.

L’objectif est de « garantir à la fois aux conducteurs une rentabilité décente et de préserver les passagers de trop fortes variations » des prix, à cause des majorations, expliquent les deux partenaires dans un communiqué.

Pendant deux semaines, jusqu’au 10 août, les clients des chauffeurs de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) actifs à Nice sur la plateforme Heetch paieront par trajet un prix minimum de 8 euros, contre 7 euros en temps normal.

Au-delà de 8 euros, la facture sera calculée selon la formule suivante: une prise en charge de 3 euros, à laquelle s’ajouteront 1,40 euro par kilomètre parcouru et 0,30 euro par minute, sans aucune majoration possible.

La commission prélevée par Heetch restera de 15%, « la plus basse du marché pour les conducteurs », note la plateforme. Le géant américain Uber affiche à Nice un prix minimum de 6 euros et pratique des majorations pouvant tripler l’addition lors des pics de demande, avec une commission de 25%, selon Heetch.

« Généralement, les chauffeurs de VTC considèrent que si on augmente les prix des trajets, leur rentabilité sera meilleure. Mais, pour la plupart des plateformes, si les prix augmentent, la demande baissera et, finalement, les chauffeurs feront moins de trajets, leur rentabilité n’augmentera pas », a expliqué à l’AFP Teddy Pellerin, cofondateur de Heetch.

Lors du test, « on va voir si on a plus de conducteurs connectés sur Heetch, plus de trajets » enregistrés, mais si « nos passagers se détournent vers d’autres plateformes, on n’appliquera pas tout seul » cet encadrement des prix et « on attendra » une éventuelle « réglementation nationale », a souligné M. Pellerin.

La plateforme s’est alliée à la CFDT car elle « a besoin d’un relais sur le terrain pour expliquer la démarche aux chauffeurs », a-t-il indiqué.

Ce partenariat est jugé « intéressant » par le syndicat qui « souhaite la mise en place d’une tarification minimum » au niveau national pour assurer aux chauffeurs « un revenu pérenne sur l’année, qu’ils puissent vivre dignement de leur métier », a souligné Patrick Rossi, secrétaire fédéral de la CFDT-FGTE.

« On interpelle l’État sur ce sujet depuis plusieurs mois », a ajouté le syndicaliste, critiquant « un marché où c’est la main invisible qui fixe les prix ».

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