VTC: Heetch va lancer un plan d’actionnariat pour ses chauffeurs

PARIS, 13 septembre 2018 (AFP) – La plate-forme de VTC Heetch va proposer à ses chauffeurs de s’associer à la performance de l’entreprise en leur accordant, sous conditions, des bons de souscription d’actions (BSA), ce que la start-up présente comme une première dans ce domaine en France.

Concurrente directe d’Uber – leader du secteur – ou de Chauffeur Privé, la jeune pousse compte offrir à partir de début 2019 la possibilité aux chauffeurs effectuant plus de 100 trajets par an via sa plateforme d’acheter des bons de souscription d’actions.

Ces BSA permettront d’acquérir « des actions Heetch à un prix déterminé sur la base de la valeur réelle d’aujourd’hui, que l’on espère plus faible que celle de demain », détaille Heetch dans un communiqué publié jeudi.

Les chauffeurs « vont peut-être favoriser Heetch par rapport à d’autres applis parce qu’ils se diront que s’ils arrivent à faire grossir Heetch, ça leur permettra de gagner un peu plus d’argent plus tard, mais c’est surtout une manière pour eux de s’impliquer encore plus dans l’aventure et d’influer sur le destin de l’entreprise », explique Teddy Pellerin, cofondateur de Heetch, interrogé par l’AFP.

Ce plan d’actionnariat, réservé à la France, concerne potentiellement au moins 10.000 chauffeurs et « sera de l’ordre de 5% du capital », précise M. Pellerin. Heetch donnera davantage de détails sur ces BSA d’ici la fin de l’année.

L’opération se veut un moyen de fidéliser des chauffeurs convoités par d’autres plates-formes, dans un marché du VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) très concurrentiel.

« Le nombre de conducteurs est limité donc les plates-formes se battent pour avoir des chauffeurs », relève Teddy Pellerin, qui juge « hyper important que les +drivers+ soient bien ».

L’un d’eux, Radouane, salue cette initiative. Le jeune homme de 28 ans, qui travaille exclusivement avec Heetch, estime que les BSA peuvent permettre de « faire partie plus directement » de la plateforme, de ne « pas être des numéros au sein de l’entreprise ».

Les chauffeurs devront toutefois débourser initialement une petite somme d’argent pour acquérir des bons de souscription d’actions, les actions gratuites ne pouvant être accordées qu’à des salariés et non à des indépendants, regrette M. Pellerin.

Se disant à l’écoute des chauffeurs, Heetch a aussi lancé fin juillet, en commun avec la CFDT, une expérimentation à Nice sur un encadrement des prix des courses pour établir une fourchette de tarifs acceptable pour les clients, les chauffeurs et la plate-forme. Prolongée, cette expérimentation doit très prochainement faire l’objet d’un bilan.

esp/bfa/LyS