VTC: Uber propose aux chauffeurs de les retrouver le 22 février

PARIS, 14 février 2017 (AFP) – Uber a proposé mardi aux organisations membres de l’intersyndicale VTC (voiture de transport avec chauffeur) de les retrouver le 22 février dans le cadre de la « commission de soutien aux chauffeurs en difficulté » proposée à l’issue d’une médiation gouvernementale.

« Nous vous confirmons travailler à la mise en place de la commission de soutien aux chauffeurs en difficulté issue des discussions avec (Jacques) Rapoport », le médiateur qui a rendu ses conclusions le 9 février, a précisé la plateforme américaine dans une lettre à l’intersyndicale (Unsa, CFDT, Capa-VTC, Actif-VTC, UDCF) transmise à l’AFP.

Uber a demandé aux organisations de désigner des délégués pour cette rencontre.

L’intersyndicale avait demandé le 8 février à toutes les plateformes d’ouvrir « dans les plus brefs délais » des « négociations sur les conclusions de la médiation », dont les « revenus des chauffeurs partenaires » et la « mise en place d’un processus de déconnexion garantissant les droits des conducteurs ».

La plateforme française LeCab avait très vite répondu positivement, selon l’intersyndicale, qui attendait une réponse avant mardi 12h00. Les autres plateformes « n’ont pas répondu » formellement « mais ils avaient donné leur accord de principe au ministère », a indiqué à l’AFP Sayah Baaroun (Unsa-VTC).

A l’instar du représentant de l’Unsa-VTC, plusieurs membres de l’intersyndicale joints par l’AFP ont fait part de leur mécontentement devant la réponse d’Uber, « qui ne fait pas du tout mention de notre principale demande, à savoir discuter des tarifs ». Tous réservaient toutefois leur réponse sur leur présence le 22 février.

« On est en train de se concerter. On va demander à Uber de préciser l’ordre du jour », a indiqué à l’AFP Jean-Luc Albert (Actif-VTC). « On n’est pas satisfaits », a commenté Yazid Sekhri (CFDT) dans l’attente aussi de « précisions sur l’ordre du jour et les participants ».

Selon plusieurs organisations de chauffeurs, Uber voudrait « écarter la présence des représentants contre lesquels ils ont porté plainte », « c’est à dire quasiment tous ».

Le médiateur a entamé sa mission le 21 décembre, sur fond de conflit entre des chauffeurs VTC et Uber, numéro un du marché français de mise en relation électronique entre clients et VTC.

A la source de ce conflit, le sentiment d’une partie des chauffeurs d’une dégradation de leurs revenus, insuffisants au regard du volume d’heures travaillées.

M. Rapoport a estimé qu’un chauffeur VTC indépendant travaillant 60 heures par semaine dégageait un revenu net mensuel d’environ 1.700 euros, hors congés et couverture maladie ou accident, et à condition de maîtriser « correctement ses charges ».

Les chauffeurs réclamaient une hausse des tarifs des courses et une baisse de la commission versée à Uber, actuellement de 25%.

L’annonce par Uber d’une aide transitoire aux chauffeurs en difficulté, octroyée sous le contrôle de conducteurs désignés par leurs organisations représentatives, a été jugée « satisfaisante » par M. Rapoport.

« Avec cette commission, nous voulons aider les chauffeurs qui se retrouvent aujourd’hui en situation difficile, notamment à cause de charges trop lourdes au regard du chiffre d’affaires réalisé », a assuré le directeur d’Uber pour l’Europe occidentale, Thibaud Simphal, dans un communiqué.

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