VTC: Vidalies appelle à des « négociations constructives » après un rapport

PARIS, 9 février 2017 (AFP) – Le secrétaire d’Etat chargé des Transports Alain Vidalies a appelé jeudi les chauffeurs VTC (voitures de tourisme avec chauffeur) et les plateformes à s’engager dans des « négociations constructives », après la fin de la mission du médiateur gouvernemental.

« Un dialogue a réussi à s’ouvrir entre les acteurs. Alain Vidalies appelle l’ensemble des parties à le poursuivre en s’engageant dans des négociations constructives », a indiqué son ministère dans un communiqué, en mettant en ligne le rapport rédigé par le médiateur, Jacques Rapoport.

Ce dernier a entamé sa mission le 21 décembre 2016, sur fond de conflit entre des chauffeurs VTC et Uber, numéro un du marché français de mise en relation électronique entre clients et voitures de tourisme avec chauffeur.

A la source de ce conflit, le sentiment d’une partie des chauffeurs d’une dégradation de leurs revenus, insuffisants au regard du volume d’heures travaillées.

M. Rapoport a estimé, dans ses travaux, qu’un chauffeur VTC indépendant travaillant 60 heures par semaine dégageait un revenu net mensuel d’environ 1.700 euros, hors congés et couverture maladie ou accident, et à condition de maîtriser « correctement ses charges ».

Dans un message final publié sur son blog mercredi, M. Rapoport a jugé qu’un accord était « impossible » à l’heure actuelle, tant « le climat de défiance est intense entre Uber et les associations de chauffeurs ».

Ces derniers réclamaient une hausse des tarifs des courses et une baisse de la commission versée à Uber, actuellement de 25%.

La plateforme américaine, de son côté, a assuré mardi qu’elle accorderait une aide transitoire aux chauffeurs en difficulté, octroyée sous le contrôle de conducteurs désignés par leurs organisations représentatives, avancée jugée « satisfaisante » par M. Rapoport mardi.

Des représentants de chauffeurs ont accueilli froidement cette proposition non chiffrée.

Sur son blog, le médiateur a noté que le « fil du dialogue » avait été noué, preuve selon lui que « quelque chose a changé ».

Mais « en cas de pérennité des situations de déséquilibre financier », M. Rapoport suggère à l’Etat d’être « prêt à fixer un tarif minimal payé par les plateformes aux chauffeurs », soit un barème « horokilométrique », comparable à ce qui existe pour les taxis.

Il insiste aussi sur la nécessité d’appliquer « au plus vite » la loi Grandguillaume, dernier texte en date organisant le secteur, promulgué fin 2016, et d’établir des règles de représentativité d’une profession aujourd’hui très éclatée. Il souhaite aussi que des avantages consentis aux taxis le soient aux VTC (voies de bus, exonération fiscale partielle sur le carburant…).

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