Wauquiez veut la défiscalisation des heures sup, Fillon refuse dans la foulée

PARIS, 11 janvier 2017 (AFP) – Laurent Wauquiez, vice-président du parti Les Républicains, a proposé mercredi d’intégrer la défiscalisation des heures supplémentaires dans le programme de François Fillon, qui lui a opposé dans la foulée une fin de non-recevoir.

« Un projet présidentiel en 2017 ça ne peut pas être que du sang et des larmes », a déclaré le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, conseiller politique dans l’équipe de campagne de François Fillon. « Ma conviction, c’est que ce programme doit être enrichi », a-t-il ajouté.

Saluant « un programme de réformes courageux », M. Wauquiez a cependant appelé à lancer « un signal pour la France qui travaille ». « Pour moi ça s’incarne par une mesure (…) symbolique, forte et concrète: la défiscalisation des heures supplémentaires », a expliqué le soutien de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite, à l’antenne de RTL.

« On a vu qu’elle marchait, elle a été plébiscitée par les Français. Voulue par Nicolas Sarkozy, mise en place par le gouvernement de François Fillon », a défendu M. Wauquiez.

« On est en 2017, on est pas en 2007 », lui a répondu indirectement l’ancien Premier ministre à l’antenne de BFMTV-RMC. « Il y a 10 ans, on a défiscalisé les heures supplémentaires. Aujourd’hui ça n’aurait aucun sens », a-t-il expliqué.

« Ca n’aurait aucun sens de subventionner les entreprises pour que les Français travaillent plus, de les subventionner pour les 35 heures, c’est-à-dire des les subventionner des deux côtés, et d’emprunter sur les marchés internationaux pour financer tout ça », a-t-il critiqué.

« Ce que je veux c’est que les Français aient plus de salaire, et pour qu’ils aient plus de salaire il faut qu’ils aient moins de charges sur leur salaire », a-t-il poursuivi.

« Pour que le salaire direct des Français augmente il n’y a qu’une seule solution, c’est de baisser la dépense publique », a-t-il conclu.

Interrogé sur un éventuel retour de la défiscalisation, le président LR du Sénat et ancien ministre des Affaires sociales Gérard Larcher a affirmé lors de ses voeux devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP) que le sujet n’était « pas arbitré ».

Pour celui qui bouclera le 20 janvier ses consultations bilatérales avec les dirigeants syndicaux et patronaux sur le programme de François Fillon, il faut lier cette question à « d’autres facteurs », notamment à « l’exonération de charges sur la part salariale (…) le retour du quotient familial, les allocations familiales », pour voir comment « on maintient ou on donne un peu plus de pouvoir d’achat ».

Il a aussi jugé nécessaire de considérer « le champ d’application de la TVA -sur les produits de première nécessité, il n’en est pas question-, il peut y avoir un débat sur un certain nombre de produits intermédiaires qui servent au quotidien et il appartiendra à François Fillon de trancher ».

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