Whirlpool Amiens: accord avec Decayeux pour la réindustrialisation du site

LILLE, 12 septembre 2017 (AFP) – Le groupe d’électroménager Whirlpool a annoncé mardi la signature d’un accord avec l’entreprise de l’industriel picard Nicolas Decayeux, WN, pour la « réindustrialisation » de son site d’Amiens, promis à la fermeture en juin 2018, un dénouement bien accueilli par des syndicats.

Le projet, qui avait été « approuvé à l’unanimité par les représentants syndicaux de Whirlpool France » en août, « permettra la réindustrialisation de l’usine d’Amiens et la création de 277 emplois à terme », selon les termes du communiqué de Whirlpool.

Ce site qui fabrique des sèche-linge emploie 290 salariés et, quasiment en permanence, 250 intérimaires. Il fait également travailler une centaine de personnes chez Prima, un sous-traitant produisant des plastiques.

Whirlpool avait annoncé le 24 janvier la délocalisation de la production à Lodz, en Pologne, pour des raisons de rentabilité.

Nicolas Decayeux, président du holding financier du groupe Decayeux, avait déposé une offre en juin, en tant que personne physique, et non pour le compte de son groupe Decayeux, fondé en 1872 et leader européen de la fabrication de boîtes aux lettres (650 salariés).

Dans un communiqué publié également mardi, il indique qu’il implantera « progressivement ses activités sur le site à partir de septembre 2017, parallèlement aux activités de production de Whirlpool ».

Le site accueillera deux types d’activité. D’abord « une activité industrielle propre pour la fabrication de chargeurs pour véhicules électriques et de casiers intelligents réfrigérés destinés aux marchés de la santé, de l’alimentaire, de la restauration et de l’agriculture ». Ensuite un « modèle innovant de site de production collaboratif pour les TPE/PME des secteurs de l’équipement, de l’aménagement et du mobilier urbain ».

La première activité, qui sera exercée par WN Full Time Service, démarrera « au premier semestre 2018 », avec « un premier investissement de 5 millions d’euros » d’ici la fin de l’année. La seconde débutera « en 2018 ».

Whirlpool « soutiendra ce nouveau projet avec toutes les ressources et les actifs nécessaires » à sa « réussite », déclare le groupe américain dans son communiqué, sans donner plus de précision, notamment sur les moyens financiers. Il n’indique pas non plus si les futurs salariés de WN seront majoritairement d’anciens salariés de Whirlpool.

« On ne peut être que satisfait de voir cet accord aboutir », a réagi Ludovic Creusé, délégué CFE-CGC interrogé par l’AFP. « On favorise bien l’agriculture au plus près. Avec ce projet de reprise, on fait aussi le choix d’une industrie au plus près », a-t-il dit.

Le syndicaliste a rapporté que « Nicolas Decayeux s’est exprimé devant les salariés ce mardi en fin de matinée ». Selon lui, « il a réussi à motiver les troupes ». D’autre part, a-t-il précisé, « dès demain (ndlr : mercredi 13 septembre), les fiches de postes des futures activités de WN seront connues. Les salariés de Whirlpool pourront y prétendre et envoyer leur CV, leur lettre de motivation. »

Pour Pascal Lefèbvre (CFTC), secrétaire-adjoint du comité d’entreprise, la cession du site est « une bonne nouvelle, pour les salariés en premier lieu, qui ont fait beaucoup de sacrifices. »

Selon ce témoignage, « M. Decayeux est quelqu’un de sérieux (…), il pourra s’appuyer sur des salariés qui ont un vrai savoir-faire ». « On croise les doigts, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas. On a eu la chance que le dossier de la fermeture de l’usine s’invite dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Je pense que ça nous a aidés (…) ».

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