Whirlpool Amiens: l’offre de reprise de Decayeux sélectionnée

PARIS, 13 juillet 2017 (AFP) – Le groupe d’électroménager Whirlpool a annoncé jeudi avoir sélectionné l’offre de reprise de son site d’Amiens déposée par l’entrepreneur picard Nicolas Decayeux, qui propose de conserver 277 salariés sur les 290 que compte l’usine.

Whirlpool et WN, le nom de la société de M. Decayeux, « sont parvenus à un projet de cadre général de l’opération, comprenant notamment la structure financière et l’organisation de la reprise », a annoncé le groupe dans un communiqué.

Le projet de reprise « devrait permettre la création de 277 emplois sur le site d’Amiens », selon le communiqué.

Le groupe Decayeux est leader européen de la fabrication de boîtes aux lettres, mais le projet de WN pour le site de Whirlpool Amiens portera sur deux activités annexes.

L’une prévoit la fabrication sur place et la commercialisation notamment de « casiers intelligents réfrigérés », destinés à la distribution alimentaire et au secteur médical, selon un communiqué distinct de WN.

L’autre consiste à créer un « incubateur industriel » pour de jeunes entreprises dans des secteurs proches de l’équipement, de l’aménagement et du mobilier urbain, en mutualisant des capacités de production, de conception, de démarche qualité et de chaîne d’approvisionnement. L’objectif sera aussi d’agir en tant que co-traitant des grands distributeurs du secteur.

Aucun détail financier n’a été mentionné pour le moment, ni par Whirlpool ni par WN.

Whirlpool France a lancé jeudi la consultation des instances représentatives du personnel sur ce projet.

« Nous ne doutons pas de l’issue positive et rapide de cette procédure afin de pouvoir démarrer dans les meilleures conditions ce projet industriel », a déclaré Nicolas Decayeux, cité dans le communiqué de WN.

Son offre avait déjà reçu le soutien des élus du comité d’entreprise le mois dernier, ainsi que celui du président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui avait parlé d’un « projet solide et sérieux ».

« C’est une bonne nouvelle pour les salariés et le bassin de l’emploi », a commenté jeudi auprès de l’AFP Ludovic Creusé, délégué CFE-CGC de l’usine, à l’issue d’un comité central d’entreprise.

« Le projet de reprise n’est pas encore finalisé mais cela ne devrait pas tarder, sans doute en septembre », a estimé le syndicaliste.

Cette usine de sèche-linge doit fermer en juin 2018, le groupe américain ayant décidé de délocaliser la production à Lodz, en Pologne, pour des raisons de rentabilité.

Aux 290 salariés de l’usine s’ajoutent toutefois 250 intérimaires et une centaine de salariés du sous-traitant Prima (plastiques), installé sur le même site.

La lutte des salariés de Whirlpool Amiens, qui s’étaient mis en grève du 24 avril au 5 mai, s’était invitée dans la campagne présidentielle avec une passe d’armes sur place entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen durant l’entre-deux-tours.