XPO (ex-Dentressangle): des emplois menacés en France malgré les promesses (syndicats)

PARIS, 16 décembre 2015 (AFP) – Le groupe XPO Logistics (ex groupe français Norbert Dentressangle) va fermer totalement ou en partie deux sites en France employant quelque 80 personnes, a-t-on appris mercredi auprès de syndicats qui dénoncent des suppressions d’emplois contraires aux promesses faites, ce que dément l’employeur.

La direction de la branche logistique de XPO, groupe américain, a informé les représentants du personnel de la fermeture en fin d’année du site de Monteux (Vaucluse) et de l’arrêt d’une partie de l’activité à Lagny-le-Sec (Oise), a-t-on indiqué de sources syndicales.

La CGT et la CFDT dénoncent la « liquidation de 50 emplois » dans le Sud, où « il ne peut pas y avoir de reclassement » puisque « les sites les plus proches sont ou à Lyon, à 200km, ou à Marseille, à 100km », a déclaré à l’AFP Yasine Azouagh, délégué CFDT à Monteux.

Selon lui, les emplois d’une « trentaine de chauffeurs » sont menacés à Lagny-le-Sec.

Moins alarmiste, Victor Neves (FO) estime qu’il n’y aura « pas de solution de reclassement pour une vingtaine de personnes » à Monteux, tandis que « 20 conducteurs et un exploitant » seront probablement « sur le carreau » à Lagny.

« Tout est mis en oeuvre pour offrir des opportunités de reclassement à nos collaborateurs, notamment en priorité au sein de l’entreprise », a indiqué à l’AFP un porte-parole de XPO Logistics, sans commenter le nombre d’emplois supprimés.

Le PDG du groupe américain, Bradley Jacobs, avait réaffirmé en octobre qu’il ne toucherait pas à l’emploi, pendant au moins 18 mois, dans l’ex-fleuron français Norbert Dentressangle, racheté au printemps.

Le porte-parole de XPO a souligné que cet engagement n’était « pas remis en cause », les annonces ne découlant pas du rachat mais de « la marche quotidienne des affaires » : elles « sont liées à des pertes de contrats (…) au sein de notre activité logistique France » et donc sont « indépendantes du processus d’intégration », a-t-il répliqué.

Pour la CFDT, néanmoins, une autre promesse a été trahie concernant la préservation de l’emploi à Monteux.

Dans un protocole de fin de conflit signé en novembre 2014, dont l’AFP a eu copie, la direction formulait un « engagement ferme »: celui d’assurer le maintien, sous certaines conditions, « de la totalité des emplois occupés par les salariés, sous contrat à durée indéterminée, jusqu’au 31 décembre 2016 ».

Les syndicats ont prévu un rassemblement jeudi au siège de la branche logistique à Malakoff (Hauts-de-Seine), où se tiendra une première réunion de négociation du plan de sauvegarde de l’emploi.

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