Aiguillonné par la loi, le CAC40 se drape d’éthique

Le bilan des assemblées générales établi par l’Institut du capitalisme responsable (ICR), et Capitalcom, est formel : les grandes entreprises cotées font des progrès en matière d’éthique. L’environnement est mieux pris en compte, la rémunération des dirigeants est mise en débat, les femmes gagnent des places dans la gouvernance, et les dirigeants se soucient de l’attractivité.

Ce n’est pas encore le grand soir du capitalisme à visage humain, mais les progrès sont visibles, constatent CapitalCom et l’Institut du capitalisme responsable (ICR) dans le bilan qu’ils dressent des assemblées générales des grands groupes qui viennent de se tenir en conclusion de l’exercice 2016. Les rémunérations stratosphériques existent encore, mais elles ne passent plus comme des lettres à la poste. La loi Sapin II est passée par là, et les assemblées générales en ont débattu. « Les principaux points de crispation ont porté sur le manque d’alignement entre la performance de l’entreprise et les rémunérations attribuées ».

 

Le bilan note aussi l’intérêt des dirigeants pour les questions de ressources humaines, ne serait-ce que pour attirer des talents. Près d’une entreprise sur deux (47 %) a consacré une partie de son assemblée générale à la présentation de sa politique RH. C’est la preuve que « la guerre des talents » n’a rien de cosmétique. Autre évolution notable : la prise en compte accrue de l’environnement et de la responsabilité sociétale, y compris le dialogue avec les parties prenantes. Il est aussi noté l’effet de la loi Copé-Zimmermann qui oblige les sociétés cotées à nommer au moins 40 % de femmes dans leur conseil d’administration. Toutes les entreprises concernées remplissent cette obligation. La moyenne atteint 41,6 %, contre 20,8 % en 2011, année de promulgation de la loi.