Alerte : la grande détresse des managers de proximité

Selon les résultats de l’étude réalisée par Opinion Way pour le compte d’Adjaro, » plateforme de gestion, en temps réel, des besoins de personnel », les managers de proximité ont vu leur travail se complexifier pendant la crise. Leur principale préoccupation ? L’absentéisme.

La plateforme de recrutement Andjaro a confié à Opinion Way une étude sur les craintes et difficultés des managers de proximité. Les résultats montrent un décalage croissant entre les  directions générales et les attentes des managers de proximité. Ceux-ci sont les chevilles ouvrières des bouleversements et nouveaux modes de travail : confinement, télétravail, réorganisation des bureaux et des lieux d’accueil du public. Ils sont aussi en première ligne pour assurer « l’après-vente » des décisions d’état-major, telles que le gel des embauches et des salaires, le chômage partiel, voire la baisse du recours aux prestations.

 

Ce n’est pas sans effet sur les relations de travail. Pour 71 % les managers interrogés cela impacte directement le climat au sein des équipes, avec pour conséquence une dégradation de la motivation des collaborateurs. Les encadrants de proximité déclarent aussi qu’ils ne disposent pas toujours des outils adéquats, en particulier face à l’absentéisme qui désorganise les entreprises depuis le début de la pandémie.  La gestion des absences des collaborateurs est devenue une préoccupation majeure pour les managers de proximité, et ce, plus particulièrement dans les domaines de l’industrie et du BTP (83 %). Tous secteurs confondus, ils ne sont pas moins de 79 % à considérer que l’absentéisme est une source de stress dans le contexte de crise sanitaire et économique actuel. Par ailleurs, 71 % constatent que les collaborateurs présents ont des difficultés à absorber la charge de travail supplémentaire, tandis que 60 % estiment que le travail effectué pâtit des absences. Ils sont même 69 % à déclarer effectuer personnellement le travail d’un collaborateur absent.

 

Par ailleurs, 73 % des intéressés ont vu leur mission se complexifier. Ils sont également 67 % à déclarer subir des variations d’activités inhérentes au couvre-feu et au confinement. Souvent éloignés des centres de décision (61 % du panel se situé à un niveau n-4 ou n-5 du DG), les managers de proximité représentent néanmoins des piliers pour le bon fonctionnement de l’entreprise. Pourtant, depuis le début de la crise, un bon nombre d’entre eux affirment ne pas bénéficier d’un plus grand10,8 pouvoir de décision sur les collaborateurs qu’ils encadrent (75 %) ou d’une autonomie accrue (60 %) pour gérer l’instabilité induite par la crise. Bref, huit personnes concernées sur dix n’ont pas le sentiment d’être mieux considérées par leur direction depuis le début de la crise. 

 

« Le rôle des managers de proximité a été décisif cette année. Ils sont le ciment de cette crise. Mais ils restent démunis face au manque de ressources disponibles et compétentes et ils finissent par accomplir eux-mêmes le travail au détriment de leurs missions premières. Ces situations sont source de stress, de démotivation des équipes, d’insatisfaction pour les clients voire de baisse du chiffre d’affaires » commente Quentin Guilly, CEO et co-fondateur d’Andjaro (photo).